Dos de cabillaud au miso rouge et à l'ail noir
Bon les amis, c'est Mardi-Gras, le jour où les pauvres sont rois, et où on se prend la seconde salve de crêpes du mois. Depuis peu, car la tradition veut qu'on consomme des beignets ce jour-là, il faut certainement y voir l'œuvre occultes des minotiers et des marchands de pâte à tartiner à l'huile de palme réunis.
Bref, le Mardi-gras est tout aussi symboliquement pour les chrétiens la période où on arrête de manger de la viande et du gras pour entrer en Carême dès demain, et qu'on fête somptueusement en mangeant des beignets et des animaux gras, c'est la fête du bœuf-gras.
Notez qu'il existe aussi des bœufs maigres, il y a assez longtemps, j'ai mis en strophes une leçon de management pas piquée des hannetons que je confie à votre sagesse.
Les deux bœufs
Par une radieuse matinée d'automne
S'en allait par la campagne un gai citadin
Regardant tourbillonner les feuilles jaunes
Et tournoyer au vent les ailes des moulins.
Alors qu'il dévalait la pente d'un coteau
Il découvrit, attelés en bons compagnons,
Tirant le soc qui creusait tout droit le sillon,
Deux bœufs, l'un était très maigre et l'autre gros.
L'homme en sabots de bois qui guidait la charrue
Maniait une forte et noueuse badine
Dont il se servait avec foi et sans radine
Pour châtier uniquement le bœuf menu.
"Brave laboureur", intervint le citadin
"De ton bras vengeur, pourquoi frappes-tu toujours
Sur ce souffreteux et si malingre bovin,
De son opulent copain, quand viendra le tour?"
"Eh bien", répondit sans malice le paysan,
"Si c'est sans cesse le plus maigre que je rosse
Ce n'est certes pas qu'il est le plus fainéant,
Mais voilà, de mes deux bœufs, c'est le seul qui bosse !"
Vous pouvez penser que je vire lof pour lof ma cuti, à vous causer religion et bœufs, mais en fait, mon objectif est de vous faire part de mon choix quant à la question posée dans mon précédent billet et sur la page Facebook de Cuisine de la Mer, que vous êtes désormais plus d'un millier à suivre, merci à tous !
La question était de savoir si j'allais ouvrir ce blog aux produits de la terre, ou si je lui gardais sa spécificité marine. La plupart des gens m'ont répondu de faire comme je voulais, et la très grande majorité s'en fiche.
Bref, je vais continuer comme avant, avec peut-être une exception de temps en temps. Pour l'heure, c'est une vraie recette de jours maigres que je vous propose, sans viande et sans une once de gras, même si elle met en œuvre des produits plutôt luxueux.
Dos de cabillaud au miso rouge et à l'ail noir
Ingrédients
- dos de cabillaud
- miso rouge
- mirin
- poivre sansho
- ail noir d'Aomori
- huile d'olive
- un condiment salé
- un condiment mariné
- Le cabillaud est le plus grand luxe de cette recette, comme vous le savez il fait partie des espèces très menacées par la surpêche. Toutefois, dans les pays où les quotas ou les flotilles sont gérés avec intelligence (Islande, Norvège par exemple), le cabillaud n'est plus rare. En revanche, dans les endroits où il quasiment disparu, comme sur les anciens bancs de Terre-Neuve, sa réappropriation de l'espace désormais occupé par d'autres espèces est problématique.
J'en consomme très rarement sous sa forme fraîche, vous verrez qu'en six ans, je n'ai posté qu'une recette de cabillaud sur ce blog. En revanche, j'ai été un peu plus gourmand sur sa version salée, la morue, car il est presque impossible de la substituer par un autre produit, alors que le cabillaud, on peut réaliser les recettes qui leui sont destinées avec par exemple de l'églefin ou du lieu jaune, deux excellents poissons dont les stocks sont néanmoins également en diminution.
Je rappelle toutefois que je suis contre toute forme d'interdit, voire de boycott de ces espèces plus ou moins menacées, les pêcheurs ont besoin de vivre, une consommation responsable est une consommation diversifiée et non excessive. Ceux qui ne consomment que de la sole ou de la lotte parce qu'ils ne savent pas se débrouiller avec trois arêtes sont à mon sens plus irresponsables qu'un type qui mange toutes les espèces de poissons de la mer.
Auparavant, on ne mangeait du poisson qu'une fois par semaine, le vendredi, et on respectait les saisons. On ne consommait pas de bar durant ces mois de janvier à Mars, où il est en période de frai, on ne mangeait des ormeaux qu'aux mois de février et mars, par exemple.
Contrairement à ce que ce blog pourrait faire croire, je ne mange pas de poisson (sauvage ou d'élevage, cela ne fait aucune différence, la plupart des poissons d'élevage étant nourris de poissons sauvages) plus d'une fois par semaine, en moyenne, ne croyez pas que je tienne des comptes exacts, mais l'estimation est assez juste.
Vendredi dernier, je n'avais pas d'intention préméditée en allant chez le poissonnier, mais lorsque j'ai vu ce magnifique morceau de cabillaud, j'ai craqué, raisonnablement, pour l'entrée que j'avais en tête, des pavés de 120 g par personne suffisent.
- L'ail noir de la Préfecture d'Aomori vient du Japon ; il s'agit d'aulx conservés et fermentés dans de l'eau de mer très pure, je vous en ai déjà parlé dans ce billet.
- Le miso est une pâte de soja et de céréales (souvent du riz) fermentée. Plus elle est fermentée, et plus sa saveur et sa couleur sont prononcées, passant d'un blanc crémeux à un rouge-brun, d'où la distinction faite entre miso blanc et miso rouge, mais il en existe d'autres intermédiaires, et de plus en plus on peut trouver des misos aromatisés (au yuzu, à la prune etc...)
- Le poivre sansho est endémique au japon, ce n'est d'ailleurs pas un poivre mais un agrume de la même famille que l'arbre qui fournit de poivre de Sichuan. Vous pouvez à défaut utiliser ce dernier,
- Le mirin est un adjuvant culinaire, légèrement alcoolisé.
A part l'ail noir, tous ces ingrédients se trouvent assez facilement désormais, les magasins d'alimentation asiatiques intègrent désormais de plus en plus de rayonnages de produits japonais. Pour l'ail noir c'est plus délicat, je ne le trouve pour l'instant que chez Issé, rue Saint-Augustin à Paris, avec de fréquentes ruptures des stocks. On peut le commander sur leur site ou celui de l'excellent Nishikidôri Market.
Recette
Vingt-quatre heures à l'avance, diluer de la pâte de miso rouge avec un peu de mirin. Mettez-y les pavés de cabillaud à mariner, en les retournant deux ou trois fois.
Egouttez-les, placez les au four à 200° sur une plaque couverte de papier de cuisson. Laissez cuire de cinq à dix minutes selon leur épaisseur, et terminez la cuisson en les faisant un peu bronzer sous le gril du four.
Pendant la cuisson du poisson préparez une pâte avec de l'ail noir. Ecrasez des gousses pelées au mortier, et montez les avec un peu d'huile d'olive. Salez et assaisonnez légèrement au poivre sansho. Lorsque le poisson est cuit, servez-le immédiatement en disposant dessus un peu de cette pâte.
Disposez quelques "condiments" à côté, ici pour le salé, une prune salée ou umeboshi (qui est en elle-même une expérience forte), et pour le mariné, du concombre au gingembre et une lamelle de gingembre mariné roulée. J'avoue que c'est autant l'harmonie en rouge de ces produits qui m'a guidé que leur saveur, une couleur apportée par les feuilles de shizo rouge.
Il y avait une soupe au miso blanc à côté (recette à venir) et bien entendu, un bol de riz. On a bu du thé au riz grillé (genmaïcha), rassurez-vous je ne suis pas malade, on a continué le repas avec du vin.
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Curry thaï de crabe de mangrove (Poo phad pong garee)
Chapitre 1 - Où on se les caille sévère suite au naufrage de l'Improbable
La bise était si froide que nous avions renoncé à faire sauter les crêpes, qui gelaient en l'air et se brisaient en retombant dans la poêle. Le Nutella avait pris l'aspect peu engageant de l'huile de palme figée, tandis que le cidre devait être cassé à la pioche.
Seuls les brûlots de rhum réussissaient à briser la glace scellant nos lèvres gercées, mais nous nous gardions bien de sourire, afin de ne pas devenir la cible des chasseurs de lions de mer.
Nous nous étions échoués sur cette côte au vent entre le Horn et le Passage de Magellan, la rive rocheuse de la mal nommée "Terre de Feu". Nous n’apercevions plus le navire dans cette nuit aussi froide que l’intérieur d’un frigo, sans la petite lumière si rassurante lorsqu’on s’y enferme pour échapper aux brûlures de l’été siamois, en Mer d'Andaman. Nous étions ici immergés dans l'emmerdement jusqu’au cou, et même au-delà. Le feu brûle, mais le froid est mordant.
Rien n’avait pu être sauvé lors du désastre, tant il avait été brutal et soudain, nous avions évacué le navire à la vitesse d’un commandant de bord italien au galop. Seul le cuisinier du bord, glorieux ivrogne et bâfreur aguerri, avait eu la présence d'esprit de sauver le matériel sur lequel il s'affairait au moment du désastre (et moi de sauver mon iPhone, sinon je n'aurais jamais pu vous tweeter cette tragédie).
Ce damné fils de moine n'avait rien trouvé de mieux que cuisiner des crêpes flambées en vue de la Terre de Feu, afin prétendait-il, de faire la nique aux naufrageurs fuégiens, les yamanas, qui allumaient des feux sur les falaises hostiles pour attirer les navires sur les brisants acérés. Enfin, du moins avait-il eu la présence d'esprit de sauver le rhum, mais nous n'avions qu'une poêle à frire pour nous défendre des attaques de ces pirates.

Nous nous étions débrouillés sans les terribles yamanas pour nous drosser à la côte, un empannage malheureux avait suffi, et nous avons bien senti notre dernière Chandeleur arrivée. L'homme de barre avait cru voir surgir une vague scélérate, de celles qui dans ces parages maudits vous envoient au fond aussi sûrement qu'un Krakken facétieux. Non, il ne s'agissait que d'une chute de brouillard, car en ces détroits hostiles, la brume tombe plus vite qu'une pomme sur la tête d'un anglais.
Nous sûmes que c'était le matin quand les rayons du soleil commencèrent à nous rissoler les yeux, où les larmes du désespoir avaient gelé et faisaient loupe. Qui n'a jamais dégivré son pare-brise personnel au rhum, par un petit matin d'hiver sur la côte orientale de la Terra del Fuego, ne peut soupçonner la vive douleur qu'un tel gaspillage provoquait en nos âmes égarées.
Nous scrutâmes alors la mer, pour nous rendre à l'évidence que, contrairement à nos âmes, nous n'avions pas égaré notre navire, mais qu'il était perdu, à jamais englouti dans une mer sans fond, par une nuit sans lune, sous l'aveugle océan à jamais enfoui !
C'est donc de la terre que nous devions attendre le salut, et je commençais déjà à rassembler les bribes de yamana apprises avant la traversée, afin d'expliquer aux indigènes que la bise était venue, et que nous subsisterions bien de quelques morceaux de phoque ou de baleine. Hélas, quand le sort est cruel, il ne mégote pas à la demi-sel. A peine avais-je tourné le regard vers la plaine que je compris que nous n'aurions pas affaire aux yamanas, peuple de marins pêcheurs avec lesquels nous pourrions partager quelques valeurs. Non, ceux qui surgirent dans la lueur des premiers rayons étaient d'inquiétants selk'nams, chasseurs de nandous et pêcheurs en eau douce.
Ces personnes ne paraissaient pas particulièrement hostiles, plutôt curieuses de nos étranges dégaines, doutant fort à nos mises défaites que notre civilisation fut à la hauteur de la leur. C'est alors que j'eus l'idée de leur déléguer le curé du bord, le seul dont la défroque avait gardé une certaine dignité, puisque justement, il ne s'était pas défroqué de la nuit. Avec intelligence, il s'adressa à l'homme vêtu de fourrures, qui s'avéra un notable important du nom de Guéant Vert.
Je retournais à mes ablutions, et tandis que je m'infligeais un bain de bouche au rhum, je repensais à la Mer d'Adaman, à la mangrove et à ces huttes de pêcheur noyées de soleil et d'épices... surtout à ces chiens de pirates birmans qui ont enlevé ma belle Marie-Jeanne, lesquels je poursuis sans relâche (volontaire) sur toutes les mers du globe, et que je chasserai au-delà s'il le faut, si je retrouve un bateau.
(A suivre...)
("Mes nuits transies en Terre-de-feu", par Victor Polémique, Flammarion, février 2012)
Epilogue - Terre et mer, d'abers en mangroves
Vous vous doutez bien que je ne vous ai pas fait venir uniquement pour vous raconter ma vie. J'ai toujours été sensible aux frontières imbriquées entre la terre et la mer, entre l'eau salée et l'eau douce, qui comme les ports abrités, évoquent aussi bien les départs que les retours.
Les mangroves sont des lieux fragiles, des biotopes entre marais et mer où se développe et se réfugie une faune abondante. Elles protègent les côtes contre les ouragans et les tsunamis, elles nourrissent les hommes qui ont appris à la redécouvrir après l'avoir détruite et brûlée pour d'autres activités. Et puis, les crabes de mangrove et les huîtres de palétuvier sont délicieux.
Entre terre et mer donc, je vous pose une question de confiance, voici plusieurs années qu'à deux billets près (les fars), ce blog ne traite que de cuisine de la mer, ainsi que c'est marqué dessus. On ne mange pas que du poiscaille dans les bistrots du port ou à ma table, et parfois il y a quelques belles recettes et histoires que je voudrais partager ici, en dépit de cette ligne éditoriale que je mets un soin frileux à respecter.
Bref dites-moi en commentaire ou directement par le lien "Contactez l'auteur" en haut et à gauche, si cela vous dérangerait si, de temps à autres, je posais le sac de victuailles à terre, pour vous cuisiner du nandou ou des patates, vous n'avez de toutes façons que peu de risques de tomber sur des macarons, des verrines ou pire, du poisson d'eau douce.
Evidemment, après un récit dont l'action se déroule en Terre de Feu, il eut été logique que je conclue par une recette de barbecue, mais vous avez vu le temps qu'il fait ? Lorsqu'il fait ainsi froid à l'extérieur (rendez-vous compte, il neige même chez mes frangins d'Algérie), j'ai tendance à me réfugier dans mon placard à épices qui embaume chaleureusement et brille de tous les soleils du monde, d'où cette recette.
Curry thaï de crabe de mangrove (Poo phad pong garee)
Ingrédients
- 1 kilo de crabe de mangrove prêt à cuisiner
- 2 tiges de céleri-branche, prélevées près du coeur
- 1 oignon
- 1 belle poignée de noix de coco râpée
- 1 boîte de lait de coco pour la cuisine
- 3 gousses d'ail pelées et dégermées
- 3 piments rouges thaïs sans leurs graines
- 2 cm de gingembre frais pelé
- quelques feuilles de combava
- sucre de palme
- poudre de curry
- pâte de curry (facultatif)
- ciboule thaï
- sauce d'huître
- huile de sésame
- nam pla (nuoc-mam à défaut)
- poivre noir

Cette liste d'ingrédients semble longue et fastidieuse à réunir, mais pour un passionné de cuisine asiatique comme je le suis, il est rare que la plupart d'entre eux ne se trouvent pas déjà dans le frigo ou les placards, quelques précisions toutefois :
- Le crabe de mangrove se trouve assez facilement congelé en sachets, et prêt à être utilisé. Faites le décongeler dans une passoire, afin qu'il ne baigne pas dans l'eau. Il s'agit ici de crabe provenant de Madagascar, ce qui ne gâche rien, car dans ce pays, un véritable effort de mise en valeur durable de la mangrove a été entrepris.
- J'utilise du céleri branche à défaut de céleri chinois, pas si facile à trouver en cette saison. J'ajoute du gingembre et des feuilles de lime qui ne semblent pas faire partie de la recette originale (?) mais ce sont deux saveurs qui s'accordent vraiment bien avec les crustacés.
- C'est le coeur brisé que j'ai acheté de l'insipide noix de coco râpée au rayon pâtisserie de la supérette du coin, il vaut mieux disposer de noix de de coco fraîche, ou alors râpée et congelée, facile à trouver dans les épiceries asiatiques.
- Bien que parlant mieux le yamana que le thaïlandais, je suis en mesure de vous confirmer que "poo phad pong garee" signifie littéralement "crabe sauté à la poudre de curry". Avec son importante façade maritime, la Thaïlande, pays de surcroît calme et accueillant, a intégré dans ses traditions culinaires beaucoup d'influences, en particulier d'Inde, comme l'utilisation de la poudre de curry le montre.
Les curries thaïs se présentent sous la forme de pâte, et résultent de mélanges complexes de produits le plus souvent frais, comme ici la pâte de curry vert. Toutefois, je trouve généralement que les poudres du commerce manquent de saveur, et lorsque je dois en utiliser, j'ajoute un peu de pâte de curry indien, achetée également.

Recette
Hachez les oignons grossièrement, l'ail et le piment finement. Passez la noix de coco râpée sous le gril du four pour la torréfier un peu, attention, cela brunit très vite. Râpez un petit morceau de sucre de palme. Coupez le céleri et la ciboulette en tronçons. Cassez les grosses parties des pinces en les tapant à l'intérieur d'un coup de cuiller à soupe (il n'y a pas de meilleur outil, oubliez marteau et casse-noix), cela permet à la sauce d'imprégner la chair et facilite la dégustation.
Dans un wok de préférence, mettez un fond d'huile et faire revenir les morceaux de crabe jusqu'à ce qu'ils soient bien rouges. Pendant ce temps, ajoutez l'oignon, puis l'ail et le piment sur la fin.
Ajoutez alors le curry en poudre et en pâte, remuez et versez l'oeuf battu hors du feu. Remuez, cette opération a pour but principal d'agglomérer le curry à la carapace du crabe et d'épaissir la sauce par la suite. Ajoutez alors : le céleri, un trait de nam-pla, une cuiller à soupe de sauce d'huître, la noix de coco râpée torréfiée, le sucre de canne, les feuilles de combava, et ajouter du lait de coco à niveau, sans noyer la préparation. Laissez cuire une dizaine de minutes en mélangeant régulièrement.
Peu avant le service, ajoutez une cuiller à café d'huile de sésame, et autant de poivre noir moulu. Présentez parsemé des tronçons de ciboulette, avec du riz blanc thaïlandais. N'utilisez pas de riz gluant, qui est plus caractéristique de la cuisine du nord du pays, sous influence laotienne.

Nous nous sommes régalés. Ma femme plutôt méfiante depuis l'épisode des crabes en mue qu'elle n'avait que très moyennement appréciés, a vraiment aimé. La chair de ce crabe qui peut au premier abord avoir moins de caractère que celui d'un sujet de pleine mer (du congelé en plus), est très fine, et elle est abondante. Bien entendu, oubliez curette ou autre engin pour déguster ce plat, ce n'est bon et pratique qu'avec les doigts. Tout au plus une cuiller pour attraper le riz trempé de la sauce onctueuse et parfumée.
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Vindaye de calamar et riz gluant en feuille de lotus
Pour découvrir l'idée centrale de ce billet, merci de rayer les mentions inutiles :
- Mes meilleurs voeux, quand même
- La compilation des recettes de l'année 2011
- Les recettes auxquelles vous avez échappé en 2011
- Galette des rois ou baba au rhum : Savoir choisir son camp
- Une recette détox : Omelette de docker et son sorbet au Maalox
- Recyclons les restes de foie gras et de mayonnaise
- Mes bonnes résolutions restent une énigme
- Les plus beaux livres d'étrennes, dont le mien
- Les photos de ma tartiflette du restau d'altitude
- Magie du Bonheur ; quand la Tourte réjouit les Coeurs
- Recette locavore : Les crottes de nez en gelée
- Je suis allergique aux huîtres et/ou au beurre
- Merci à mes fidèles lecteurs, surtout les filles
- Surimi et surimoi sont dans un bateau, surimi tombe à l'eau, ouf !
- Concours Saint-Valentin "Cuisine-moi une culotte"
- Vous reprendrez bien un peu de dinde ?
- Salon de la Blague Culinaire : J'y serai !
- J'ai mangé chez Septime
- Cadeau gourmand : Les bocalerrines de sardine
- Recette terre-mer : Méchoui de phoque
- Maman, j'ai réchauffé la planète
- Que faire avec un reste de caviar et de frangipane ?
- Du pain, du vin et du bouzin
- C'est le non-anniversaire de mon blog
- J'ai encore mangé chez Septime
- Elections 2012 : Votez pour ma recette sur 75balles.cam
- 2012 : Année de la partouze bissextile
- J'arrête mon blog et le beurre avec les rillettes
- Fukushima : Encore du sushi à se faire
- Bonne à nez (ouarf, je vous la sors trop bonne)
- Du calamar pour un pique-nique parisien
Vous l'avez compris, ma principale résolution pour l'année n'est pas d'arrêter de me moquer de mes petits camarades blogueurs, que j'aime bien toutefois, au moins comme ça ils se rendent comptent que je les lis encore, car j'ai peu le temps pour laisser des commentaires autres que les classiques du genre (et leur suite ici), je ne suis pas certain qu'ils apprécieraient !
N'empêche que c'est pour une rencontre rituelle de blogueurs que j'ai préparé ce plat. Je ne me suis vraiment pas pressé pour publier cette recette de pique-nique, préparée donc pour le traditionnel rassemblement de Bercy organisé par Dorian deux fois chaque été. Je m'y étais rendu avec ce plat, plus des gambas à la vanille et à la mangue grillée dont je vous ai confié tous les secrets ici. La photo a été prise avant le pique nique, bien évidemment...
1) Vindaye de calamar
La recette serait d'origine Mauricienne, et on la retrouve dans les îles voisines. Toutefois, et la consonance du nom et les ingédients peuvent laisser penser à une origine tamoule (dérivé du nom du fenugrec : "vèndhayam"), mais rien n'est certain. D'autres pensent plutôt à une contraction de vinaigre et ail en "vin d'ail" deux ingrédients bien présents dans la recette, alors que le fenugrec n'est mentionné que rarement.
Elle est traditionnellement cuisinée avec un poisson à chair ferme, comme l'espadon, le thon ou le capitaine, mais aussi au porc ou au poulpe. J'aurais bien volontiers préparé cete dernière version, mais voilà, on ne trouve pas toujours ce que l'on veut chez le poissonier du marché, et je me suis dit que pour faire découvrir cette recette un peu particulière et forte en saveur au plus grand nombre, il fallait peut-être mieux choisir un médium plus neutre, comme le calamar.
La recette de l'accompagnement se trouve plus bas.
Ingrédients
- 1 kg de calamars (encornet blanc de préférence)
- six gousses d'ail
- 2 échalotes
- vinaigre de vin
- 2 piments verts semi-forts
- 1 piment rouge doux
- 3 cm de racine de gingembre frais
- une cuiller à soupe de curcuma
- sel
- poivre noir
Recette
Nettoyez les calamars, coupez-les en lamelles et faites-les suer rapidement dans de l'huile d'olive, départ de cuisson à froid. Dès qu'ils ont rendu un peu de leur eau, les égoutter.
Hachez l'échalote, l'ail et le gingembre et mettez-les à cuire dans un peu d'huile d'olive, sans les roussir. Ajoutez les piments verts coupés en lamelles. Laissez cuire 5 minutes et ajoutez les calamars et un demi verre de vinaigre. Mélangez puis ajoutez le curcuma, le sel et le poivre (à ce stade, vous pouvez ou non ajouter un peu de fenugrec moulu). Remuez à nouveau et laissez mijoter une petite dizaine de minutes. Le feu doux est indispensable, sinon le calamar va durcir.
2) Feuilles de lotus au riz gluant
Ingrédients
- feuilles de lotus séchées
- riz gluant
- huile de sésame
- sauce d'huître
- saucisses au mei kuei lu
Il s'agit d'une variante simplifiée de la recette bien connu des lo maï gaï, un dim-sum consistant dont voici une des recettes possibles, chez Pascale. Pour ce pique-nique, j'ai choisi de les présenter avec moins de garniture et au format bouchée. Les feuilles de lotus séchées se trouvent assez facilement dans les épiceries asiatiques (toujours placées en hauteur afin de ne pas être trop manipulées par les clients elles sont très friables).
Recette
La veille, mettez du riz gluant à tremper. Vous le cuisez à la vapeur après avoir disposé une mousseline dans le panier du cuit-vapeur. Coupez les feuilles de lotus en petits triangles d'environ 10 cm de côté puis mettez-les à tremper pour leur rendre leur souplesse. Coupez les saucisses en tronçons de 1 cm.
Assaisonnez le riz d'un peu d'huile de sésame. Confectionnez entre vos mains une petite boulette de riz que vous aplatissez un peu et posez sur une papillote de feuille de lotus. le côté vert vif de la feuille de lotus doit être à l'intérieur.
Au centre de cette galette, placez un morceau de saucisse et un trait de sauce d'huître, puis recouvrez d'une nouvelle boulette de riz. Fermez la paillote en serrant bien. Pour la commodité du transport pour le pique-nique, j'ai assuré la papillote avec une pique de bois, mais ce n'est pas indispensable.
Faites cuire à la vapeur pendant un20 minutes. Le riz doit être parfumé et quasiment "laqué" par la feuille de lotus.
Maintenant vous pourriez vous demander pourquoi j'ai précisément choisi ces deux plats pour un pique-nique. C'est simple, tous deux sont délicieux froids.
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