Livre d'étrennes
En déballant l'un des cadeaux qui m'étaient échus sous le sapin, ma raison déjà précaire a encore vacillé, puisque ma très attentionnée pièce jointe m'a offert un livre intitulé : "Toute la cuisine de la mer". Rien que çà.
Impressions mélangées, d'abord très heureux, c'est donc qu'en dépit du temps soit disant excessif que je passe devant mon écran depuis que j'ai commencé à errer dans la culino-bloguerie, elle en redemande… Soit elle se moque, soit elle m'aime encore beaucoup, je prends les deux!
Ensuite inquiet, se pourrait-il qu'elle pense que c'est bien beau de bricoler sur internet, mais qu'il serait temps que je me mette sérieusement à étudier la question, avant qu'elle ne se résigne à acheter du surimi ou du poisson pané dans de la sciure grasse. Rigolez pas, elle peut le faire, juste pour me taquiner.
Et critique pour finir, j'ai depuis largement parcouru ce livre, qui est plutôt bien fait:
- La première partie traite en images des techniques d'apprêt et de cuisson des poissons, crustacés et coquillages. Elle est un peu succinte sur les coquillages, mais très complète pour le reste. J'y ai même trouvé quelques trucs que je ne connaissais pas, voire qui sont contradictoires avec ce que je pratique, comme cette histoire d'attendrir le poulpe au four, alors que j'utilise le congélateur. A vérifier donc!
- La seconde partie est un recueil de recettes, du très classique au très exotique, elles semblent pour la plupart bien conçues, on peut regretter qu'environ seulement une sur trois soit illustrée d'une photo.
- Enfin, une dernière et petite partie très utile , on devrait d'ailleurs la rendre obligatoire dans tous les livres de cuisine, qui décrit les produits employés, y compris quelques végétaux marins comestibles. On y apprend beaucoup.
Bref, vous pouvez l'acheter, mais qu'il ne vous empêche pas de revenir ici, lorsqu'après mes vacances enBretagne, je reprendrai le fil de mes billets marins!
Un livre de plage et quelques bouquets
J'ai depuis toujours une tendance à envisager les balades dans la nature sous l'angle comestible, comme je le dis souvent à ma fille horrifiée : "J'aime beaucoup les animaux, surtout bien cuisinés".
Une promenade au bord de la mer en Bretagne, à marée basse comme à marée haute, est toujours l'occasion de ramener quelques trucs à grignoter, et je viens enfin de dénicher un très bon bouquin sur le sujet :

En voilà un qui fait bien le tour de la question : l'angle humain, historique et écologique , la variété des espèces animales et végétales (des algues aux plantes des dunes), aucun comestible n'est oublié, y compris certains que je ne mettrais pas dans mon assiette, et pourtant... . Par ailleurs les illustrations sont belles et exactes, peu de risque de prendre un crabe vert pour une étrille!
Quant à la partie gastronomique, c'est aussi plutôt une bonne surprise, comparé à beaucoup d'ouvrages consacrés à la pêche à pieds, où tout se conclut généralement avec de l'ail et du persil ou de la sauce crémée et farinée... Là, les recettes sont simples et respectent les produits, même si je ne suis pas toujours d'accord avec telle ou telle.

Maintenant que vous voici documentés, je vous amène à la pêche à la crevette. Déjà, on y est à basse mer, car c'est juste au moment où la marée s'inverse qu'on remplit les haveneaux. Les grands coefficients de marée ne sont pas favorables, pas plus que les journées ventées ou la mer trop froide.
La pêche au casier a aussi ses atouts, le meilleur étant que les crevettes se pêchent toutes seules. L'inconvénient étant que des crevettes qui ont passé un peu de temps dans le casier on mangé la boëtte (idéalement du rouget-grondin), et en ont alors pris le goût.
Quelle que soit la façon dont vous ramenerez vos crevettes roses (les grosses se font appeler bouquet) dans votre cuisine, vous avez en gros deux façons de les cuire, voici ma préférée :
Bouquets poêlés
Il faut seulement des bouquets vivants, pas forcément trop gros, du beurre, de la fleur de sel et une bonne poêle. Faire fondre un peu de beurre (pas trop) jusqu'à ce qu'il soit bien mousseux. Y mettre alors les crevettes, puis un couvercle en vitesse, car çà va sauter dans tous les azimuts! Continuer la cuisson à découvert, pour atteindre une couleur bien vive comme ci-dessous. Quelques instants avant de servir, ajouter un bon peu de fleur de sel, et bien mélanger. On peut tenter d'y mettre une pincée de thym en cours de cuisson, c'est intéressant, mais pas nécessaire ! Se déguste de préférence avec un cidre fermier plutôt brut.

(Bon d'accord, je vous donne l'autre méthode : De l'eau bouillante salée comme la mer. Lorsque vous y plongez les crevettes, mélangez aussitôt avec un bout de métal chauffé au rouge pour refaire bouillir immédiatement. Compter alors entre une et deux minutes selon la grosseur des bouquets. Idéalement, on les mangera tièdes).





