mercredi 12 mai 2010

Récapitulatif du "Concours de recettes simples de la mer parfois compliquée"

Je commence ce récapitulatif avec l'impression de me jeter à la mer pour une traversée de la Manche à la nage, tant vos recettes ont été nombreuses, il y en une soixantaine pour quarante-sept participants, je vous en remercie beaucoup. Merci également à Anne, qui a relayé "l'évènement" sur le blog  Culino-Dates. J'ai classé ces contributions par ordre d'arrivée, à l'exception de celles des non-blogueurs que je retranscris intégralement à la fin de ce billet.

concours

Mon jury de choc, composé comme vous le savez d'Anaïk et d'Esterelle va m'être une fois de plus précieux, mais sauront-elles tempérer mon appétit des produits de la mer, un nombre de ces recettes me plaisent beaucoup. Je rappelle que les "instructions" pour ce concours étaient à la fois de concocter une recette  (ou d'en proposer une déjà publiée), simple avec peu d'ingrédients, utilisant des produits les moins victimes possible de sur-pêche, et de raconter une histoire plus ou moins longue autour de la mer ou de la recette.

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Garance est une copine de longue date, et j'ai parfois la chance lorsque je séjourne en Provence, de m'échapper un moment vers sa colline sauvage, boire un verre de vin, déguster de toujours étonnantes préparations et tenter d'éviter d'être dévoré par son maudit chien... Elle a réussi à adapter mon goût immodéré pour l'anguille laquée telle qu'on la prépare au Japon ou en Corée, avec le maquereau, l'un de mes poissons favoris pour l'ensemble des raisons qu'elle décrit parfaitement, avec ce :

"Saba" like "Unagi" & Le Maquereau laqué à la japonaise ou la beauté cachée des "Mal et Mets"...
Mackerel_like_Unagi_033


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Lili est de celles dont je ne rate (quasiment) aucun billet, un vrai clown en finesse si on sait la lire, elle a voulu participer parce qu'on s'entend bien. Son blog est un repère de potes aussi affamés que plein de mauvaises attentions adorables. Là, je n'ai n'ai pas bien vu la recette tirée de ses archives, simplement, elle rythme bien avec avril, c'est ce qui compte parfois.

De l'iode et des arêtes

lili


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Emilie a investi dans ce concours au point de reprendre son blog laissé pour compte de longs mois, autant dire que cela me touche beaucoup. Nous nous parlons depuis longtemps, nous avons même partagé une table de bistrot avec quelques amis, un jour j'irai comme Nerval promener un homard au Palais-Royal en sa compagnie, nous partageons le même goût pour l'histoire littéraire.

Filets de rouget panés à la pistache

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Emilie

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Sur Bolli's Kitchen, le concours s'internationalise, car comme à l'accoutumée, les billets sont rédigés en français et en allemand. Une chouette recette de caparccio de saint-jacques, huile d'olive, fleur de sel et poivre noir. En plus, on y a apprend que l'auteure a été pêcheur de langoustines...


 

Bolly



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Lavande, que j'ai croisée voici hélas déjà un bon bout de temps à Aurillac est toujours aussi efficace puisqu'elle a été dans les premières à participer. Elle le fait avec toujours le même souci de transmettre des recettes originales et et légères :

Recette légère : Noix de Saint jacques à l’ananas, coulis au corail


 Lavande


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Dominique est bretonne, et même de Brest. Il y a du chou-fleur dans sa recette, mais aussi une évocation des fruits de mer en Australie. De vous à moi, c'est comme cela que je les aime les bretons, un pied en Bretagne, l'autre voyageur.

St Jacques Poêlées, Fricassée de Chou-Fleur aux Anchois

Dominique


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Tiusha, j'aimerais lire toutes ses recettes et ses billets de découverte, j'ai rarement vu autant de productivité dans la qualité, il lui arrive de publier plusieurs fois par jour, et comment je fais pour suivre? Je l'ai vue lors d'une rencontre entre blogueurs et producteurs organisée par Garance sur sa colline, c'est vraiment une passionnée! Elle participe avec deux recettes, j'ai une préférence en bouche pour la seconde (où elle raconte aussi sa façon de cuisiner), et beaucoup d'affection pour la première qui utilise un jus de daube, j'aime bien cette association de "jus" de viande sur le poisson.

Lieu jaune au jus de daube, carottes, champignons

Tiusha

Bar, bouillon de coquillages au combava

Tiusha1


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Déborah, je n'y crois pas... c'est l'une des participations purement amicales à ce concours, car je n'ose penser que la talentueuse propriétaire de la Librairie Gourmande ait un instant songé à gagner le livre de Ducasse! Je la rencontre (trop) souvent (pour l'intégrité de ma carte de crédit), et quel plaisir de plonger dans la littérature culinaire avec une personne qui la connaît en profondeur, elle guide mes choix, elle me fait goûter des trucs, elle m'offre un livre épuisé sur la découpe des poissons découvert dans l'ancien stock de la Librairie. Bref, je suis très heureux que son éloge du chinchard figure parmi les participations.


Cuisiner le chinchard, le poisson qui fait du bien au porte monnaie


Debo

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Amélie a (est) une jolie cocotte, elle vit en Avignon où j'ai des attaches belle-familiales, et forcément, on a bu un verre dans un des recoins tranquilles de cette belle ville, même en plein festival de théâtre. Pas trop le genre à participer aux jeux de la blogo, on dirait presque qu'elle a un billet écrit de longue date, juste pour dire... N'empêche que je suis content qu'elle nous le confie, et que je trouve cette recette vraiment bien, limite onirique...


Ceviche de Saint-Jacques et pomelo de mon beau

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Amelie


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Eleonora cuisine "au fil de ses rêves d'amour", ce qui vous l'avouerez, vaut largement mieux que cuisiner sans passion.  Son blog est attachant, elle y est sans l'ombre d'une frime avec l'intensité de ses superbes photos, et quelque part, ça nous repose... Je n'aurais certes pas choisi du grenadier, poisson de profondeur dont la population s"amenuise, mais la recette est jolie, tentez là avec un filet de julienne par exemple...


Un rôti de grenadier à l'ail façon four


Eleonora

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Anne, que je ne connais qu'au travers quelques activités agricoles virtuelles, propose une association classique et savoureuse, saint-jacques, risotto et safran. La façon de cuire le risotto m'a beaucoup plus, je n'y avais pas pensé et je vous laisse la découvrir.

Saint-Jacques sauce safranée et risotto croquant

Anneco


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Paprikas, je l'ai rencontrée un bon millier de fois je pense, elle fait partie des blogueurs que j'apprécie le plus, elle a toujours le feu sacré pour publier, et depuis que je la lis, ses billets sont toujours à peu près construit de la même façon, une petite histoire, un laïus pédagogique sur le produit phare de sa recette, et celle-ci enfin. Elle nous gratifie d'une jolie recette qui fleure bon sa culture marocaine.

Roulés d'aiglefin aux olives, amandes et huile d'argan

Paprika


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Tilou et Ticha sont au Québec; ou ils sont séparés par l'Atlantique (ce qui vaut quand même mieux que d'être séparés tout court).  Ils nous proposent un point de jonction intermédiaire, dans le grand nord scandinave avec cette recette sortie de leurs archives :

 

Soupe de saumon à la mode finlandaise


tilou

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Je découvre le blog de 56océane, qui à mon avis, habite dans le Morbihan. Elle participe avec deux recettes, dont l'une avec du cabillaud d'Islande écologiquement responsable, joliment présenté dans une barque de filo, et des filets de dorade grise, un poisson répandu et délicieux, mais rarement mis en avant par les cuisiniers.

Barquette de dos de cabillaud, épinards et quinoa

56oceane

Filet de dorade sur fondue de poireaux crémeuse

56oceane1

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Dominique est à Brest, c'est étonnant que je ne l'ai pas encore croisée, ne serait-ce qu'en faisant le marché! Avant de nous livrer une appétissante préparation de lieu jaune aux lardons, elle nous raconte la mer en Australie, et c'est fort intéressant.


Pavé de Lieu Grillé, Tomates Cerises et Lardons Rissolés


 

dominique

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Annika, à la cuisine inspirée de ses origines suéduoises, est allée rechercher assez loin dans ses archives, en décembre 2006, la recette de tellines telle qu'on la pratique couramment en Camargue.  J'aime bien croiser Annika, une quasi-voisine, soit un verre à la main chez un caviste, soit autour d'un mezze libanais, son éclectisme n'a pas de limite!

Tellines

annika


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Benco se définit lui-même comme un "toqué de cuisine, totalement autodidacte". Quoiqu'il en soit, son blog est riche de créativité et montre une belle maîtrise des techniques culinaires. Sa recette, sans être vraiment simple, est magistrale, avec une utilisation très intéressante du corail :

St Jacques et mousse coraillée

Benco


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"Au gré du marché" poste depuis le Québec, elle nous évoque un joli souvenir d'enfance à partir de l'ancienne et savoureuse "sole bonne femme" qu'elle découvert grace à une française, et elle en conserve en bouche toute l'onctuosité. Sa recette mèle poisson et fromage, un pari toujours risqué, que je trouve particulièrement habile ici.  De plus, j'y apprends l'existence du Bleubry, un bien joli nom...

Elle enchaine avec une simplissime salade au crabe qui me plait vraiment beaucoup, une belle association avec le concombre.

Sole au Bleubry et aux noix

gr_dumarche

Salade de crabe et de concombre

gr_dumarche1


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Claire, depuis sa "Plus petite cuisine du monde", nous livre une recette vraiment en adéquation avec l'esprit de ce concours, une rencontre au sommet le plus simple de deux saisons, je vous laisse découvrir cette recette, dont l'intitulé est déjà toute une histoire.

La salade d’asperges aux coquilles St Jacques qu’on ne peut faire qu’une fois par an

claire


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Virginie, alias Mayacook est elle aussi brestoise (décidément ce concours fait florès de Siam à Lambé), d'adoption certes, venant du Dauphiné avec son marin de mari, mais il faut voir comme elle fait siennes les ressources marines du Nord-Finistère. On se voit régulièrement, on a même eu le plaisir de tourner une bluette pour M6 sous une glycine blanche.

Le thème de cette émission était "Les petits poissons bleus et pas chers",  et  je suis particulièrement sensible à ce qu'elle mette ici en scène le maquereau dans son plus simple apprêt et qu'elle utilise des algues (non indigènes certes, encore qu'on en cultive pour les exporter au Japon).


Maquereaux au sel et radis marin


Virginie



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Hélène est une cuisinière de talent, chacun de ces billets est un repas complet. Elle est aussi je crois la meilleure ambassadrice de la cuisine du Royaume Uni, que ce soit celle des chef ou celle des traditions familiales, j'apprends beaucoup chez elle... mais quelle mouche (de pêche) l'a piquée pour qu'elle nous propose (en s'apercevant aussitôt de son erreur) une recette de truite, sans doute comme en témoigne son billet, la douce réminiscence de ses dimanche en famille en bord de rivière. Je ne disqualifie toutefois pas cette recette, d'une part elle me plait bien, d'autre part, rien n'empêche de la cuisiner par exemple avec du merlan.


Elle participe également avec une recette bien dans la ligne de son blog, une tartinade de beurre et de crevettes grises, traditionnelle du Lancashire, que je connaissais pas du tout et qui m'a mis les papilles en alerte. Pensez donc, parler de beurre à un breton, c'est encore mieux que de donner la clé d'une confiserie à un gamin... sans compter l'attrait du diététiquement incorrect, encore que...


Filet de truites aux noisettes, fondue de poireau


Becky


Potted shimps (terrine de crevette grise aux beurre)


Becky1


 

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Nawal vit à la Martinique, où lui manquent les huîtres d'eau froides et un bon Sain-Marcellin, bien affiné juste au sortir de la cave. On s'est raté de peu lorsque je suis passé sur son île faire la tournée des artistes du jus de canne à sucre, mais lors de son prochain passage en métropole, je lui ai promis les huîtres que je préfère, sans compter que la Mère Richard et moi, c'est une longue passion Marcelline.

Elle nous soumet une jolie recette pastel, avec un poisson et un fruit que j'adore, une vraie bouffée de fraîcheur qu'il doit être bon de déguster le soir sur un ponton. Elle nous raconte tout aussi superbement les poissons de ces mers et sa proximité avec ces pêcheurs auprès desquels on achète des merveilles encore palpitantes, choses beaucoup trop rares ici où criées et mareyeurs font la loi.

Marlin Espadon cru à la Grenade de la Montagne Pelée et à l'Oignon Péyi

Nawal


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Son blog se nomme Grelinette et Cassolettes, je ne sais même pas ce qu'est une grelinette, mais le mot me plait beaucoup. Comme il me plait que son auteure ait choisi le haddock pour participer, elle nous raconte son attrait pour ce poisson, et je constate que comme moi lorsque j'étais en Ecosse, elle ne le dédaigne pas au petit déjeuner. Son idée d'en faire un velouté est une réussite dont je vais sans aucun doute m'inspirer, en bon capitaine dont elle ponctue son billet d'insultes choisies.

 

La Miss nous propose deux autres recettes, autant j'ai limité les recettes d'archives à une seule par participant, autant je trouve normal d'accepter les contributions publiées pendant la durée du jeu. Ne pas décourager les bonnes volontés, surtout lorsqu'elles cuisinent les très rares céteaux ou du bar en croûte de sel.


Velouté de Haddock


Grelinette


 

Céteaux poelés, Epautre Petits Pois et Asperges

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grel1


 

Bar en Croûte de Sel

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Diane-plop, c'est ainsi qu'elle signe ses billets sur "La Table de Pénélope", nous livre une version de la célèbre marmite dieppoise, conçue à l'origine comme une simple cotriade, mais que les normands ont sophistiqué avec leur ingrédient fétiche, la crème fraîche au lait cru. De plus, elle nous la présente un peu à la Bocuse, avec un couvercle de pâte, comme sur la fameuse soupe Elysée.

Marmite Dieppoise

plop


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Birgit, avec son "Cooking out" et ses thématiques chromatiques, est une blogueuse que je suis depuis longtemps, sa cuisine est inventive et fait la belle part à l'exploration des produits, à leur plastique même souvent. Elle a bien lu l'énoncé, elle décrit de belle façon ses madeleines marines que sont le rouget-barbet et l'oursin de Méditerrannée.

 

J'aime bien l'idée qu'elle ait au départ voulu faire des rougets avec une sauce aux oursins, et que finalement les oursins aient été mangés crus et les filets de rouget simplement grillés au romarin, c'est souvent cela la cuisine simple de la mer, surprises et tentations (cela dit chère Birgit, je ne te tiens pas quitte de cette sauce à l'oursin qui m'intrigue, j'espère que tu la publieras à l'occasion).


Rougets, oursins et mirages bleus


Birgit



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A part le fait qu'il figure dans les liens de la colonne de droite, je crois ne jamais vous avoir parlé de Pierrick Le Roux, professeur de cuisine, à Brest (!). Une vieille connaissance, car il fut l'un des premiers à vulgariser la cuisine aux algues en France. Non content de les cuisiner, il anime à Plouguerneau dans nos abers, des sessions de découverte et de récolte des algues sur l'estran, à l'une desquelles j'ai conduit ma fille, passionnant.

Je suis vraiment content qu'il me fasse l'amitié de participer avec une recette bien "terre et mer" comme on les aime là-bas tout au bout, elle contient de la viande (du cochon bien entendu), du saumon (on recommence à en pêcher dans l'aber Benoît, du vrai sauvage et non de l'échappé de cage), et bien entendu des algues.

"Fricot" terre mer et tous les bonheurs d'ici-bas

Pierrick


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Chez Barbara, voici une étonnante association de lieu (jaune ou noir, d'après les photos, je parie pour le jaune), de coquilles saint-jacques et de framboises. Je suis toujours partisan d'apporter une touche d'acidité aux produits de la mer, autrement qu'avec le sempiternel citron, qui le fait bien certes, mais qu'on voit beaucoup trop!


RÔTI DE LIEU ET SAINT-JACQUES AUX FRAMBOISES


Barbara



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Caro, dont je découvre le blog à l'occasion de ce concours, nous propose deux recettes, dont le dénominateur commun est la carotte : si ça se trouve, Caro n'est pas le diminutif de Caroline. Deux recettes dépouillées et riches en saveurs :

Noix de St Jacques rôties, purée de Carottes au cumin et fraîcheur de Betteraves, écume de Carvi

Caro

Brochette de Sole et Légumes croquants

Caro1


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Le blog de Komlocéan est nommé "La gastronomie des fonds de tiroirs", j'aime bien ces tiroirs qui contiennent du poisson et des légumes frais. Des sardines dans les deux cas, pour deux participations, une recette très "fond de terroir" avec des légumes anciens, l'autre d'inspiration chinoise.

Les sardines en habits dorés et leur purée de légumes anciens


komlocean

Filets de sardines farcis aux petits légumes anciens façon san choy bow


komlocean1


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Chez Letitia, on cuisine également des sardines et des saveurs mélées, j'ai pris beaucoup de plaisir à parcourir son blog "Piment Oiseau", que je ne connaissais pas auparavant. J'ai été vraiment bluffé par la diversité des inspirations et la justesse des réalisations, beaucoup de billets m'ont fait envie. Bravo et merci pour cette contribution.

Sardines farcies à la brousse, nori et citron vert

letitia


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Avec Murielle, c'est une fois de plus l'île de la Réunion qui est à l'honneur. Une cuisine de saveurs, d'épices d'origines diverses, une croisée des routes marines entre l'Asie, l'Afrique et les Caraïbes. Je l'ai rencontrée souvent Murielle, c'est toujours la même gentillesse et la même passion de la cuisine qui l'animent. Ici, une belle et simple manière manière d'accommoder les pilchards.

Rougail pilchards

Murielle


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Miss Tiny est aussi une copine de longue date que j'apprécie de voir régulièrement, d'ailleurs sa famille est à Brest, mais elle n'a de breton que le coeur, ce qui n'est pas rien car il n'est pas petit... Elle est aussi à l'aise avec une fourchette qu'avec un pinceau, voire des brochettes lors qu'elle s'escrime, et je suis souvent étonné de l'inventivité de ses recettes. Ici, elle utilise une technique de cuisson du poisson que je ne vous ai pas encore présentée, car il se trouve que je ne suis du genre patient en cuisine!

LIEU JAUNE BASSE TEMPERATURE ET SON INFUSION DE LA MER AU PAMPLEMOUSSE,

LEGUMES CROQUANTS

tiny


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Requia est la première blogueuse que j'ai rencontrée dans la vraie vie, un précieux souvenir de table Thaïlandaise, un cadeau (Le vrai goût du Maroc) et une visite éclair chez Izraël, franchement je pouvais plus mal tomber pour une première fois! Par la suite, bien d'autres repas, d'ateliers, dont celui d'où je suis ressorti avec le livre qui est l'enjeu de ce concours. Elle y participe avec deux recettes de cabillaud, depuis le Blog des Astucieuses / Maggi.

Crumble de cabillaud à la tomate

crumble_de_cabillaud

Nems de cabillaud

nems_de_cabillaud


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Elle signe Loukoum, mais je sais qu'elle a un joli vrai prénom, elle poste depuis Strasbourg et ses influences culinaires sont vraiment très variées, avec un penchant certain pour les produits japonais, ce qui n'est pas pour me déplaire. Son blog est de ceux que je consulte avec le plus de plaisir, tant y sont équilibrés  la cuisine, les photos et l'écriture.  De ses archives, elle nous confie un saumon présenté en chirashi assaisonné.

Saumon en sashimi et bol de riz japonais

Loukoum


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Le blog de Marie-France a comme je le lui ai déjà avoué, un nom qui me ravit, allez savoir pourquoi : "Une cuillerée pour papa". Cuillerée souvent à mon goût, elle poste de Vendée dont elle est une véritable ambassadrice. Rien d'étonnant à ce qu'elle nous propose une recette à base de pommes de terres nouvelles aussi splendides que les grenailles de Noirmoutier, elle en renforce l'origine maritime par un choix judicieux de coquillages, après une évocation d'enfance et des photos anciennes, un bien beau récit...

Salade marine aux petites pommes de terre nouvelles

 

mfrance

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Chez Aldina, dont je ne connaissais pas le blog, une appétissante recette de morue nous attend depuis de longs mois, et qui curieusement, ressemble beaucoup à une recette de "Morue à l'auvergnate", que j'ai mangée (y compris la salade verte) pas plus tard que samedi dernier dans l'un de mes repères parisiens historiques, Le Clos Bourguignon. Le patron est du Cantal, cherchez pas... Du coup, j'imagine bien la saveur assez magique de ce plat chaleureux.

Effeuillée de morue à la crème

aldina


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Lorsqu'on arrive sur le blog de Citron Vert qui est de son propre aveu un obsédé culinaire, on est accueilli par un poulpe alangui en bannière, ce qui me met en joie tout autant que d'y découvrir un comparse amateur de pattes de poulet. Cette recette bien de saison est accompagnée d'un sauté de fleurs de tussilage, dont je découvre l'existence. Ne cherchez pas, je l'ai fait pour vous, voici quelques informations sur cette plante, et voilà cette recette bonne pour la santé :

Ma monomanie et la cuisine de la mer

citronvert


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Chez Edith, la simplicité se mange en salade, avec des crevettes, du saumon fumé, et un tas d'autres ingrédients, dont du fromage de grana padano, proche du parmesan mais plus doux, ce qui lui confère plus d'affinité avec les produits de la mer.

Salade marine, simple et gourmande

Edith


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Marie-Laure habite en pays de Brocéliande, quelque part à l'ouest de Rennes donc, là où soufflent encore l'esprit de Merlin, les tentations de Viviane et les joutes d'Arthur. C'est plus l'esprit du couteau de samouraï qui souffle sur cette recette, ce qui évidemment n'est pas pour me déplaire. Elle utilise deux des produits que je trouve les plus fins en saveur, la langoustine et le pied de couteau.

Makis de langoustine à couteau tiré

MarieLaure


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Brigitte a ré-ouvert son Café Créole pour cette recette joliment antidatée pour participer à ce concours . C'est toujours un plaisir de la rencontrer ou de discuter par chat avec elle (cette femme a des ailes aux pieds, elle ne reste jamais à la même place), de visiter les étals exotiques en sa compagnie, de découvrir de nouvelles tables. N'empêche qu'elle prétend que je suis facétieux dans ce billet au requin étrange, je vous recommande chaudement de le lire, et de trancher une fois pour toutes qui de nous deux est le rigolo de la bande! Cela dit, c'est une chouette recette.

Touffé de requin simple et compliqué à la fois

brigitte


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Bergeou nous propose ni plus ni moins que son repas d'anniversaire, que je préfère largement à un gros gateaux avec la dizaine de bougies à laquelle j'ai décidé de me limiter depuis que j'ai atteint cet âge. Pas de cuisson, peu d'ingrédients, une belle mise en valeur des coquilles saint-jacques, qu'elles aient été congelées ne change que peu à l'affaire, surtout si on les mange crues et qu'on ne confond pas pecten maximus avec les pâles imitations des bacs à surgelés. Voilà qui méritait bien une piqure de rappel.  Tu n'aurais pas oublié le sel des fois?

Carpaccio de St-Jacques

bergeou


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Alors vraiment, je suis très fier que Marie ait participé à ce petit concours, elle qui sait et fait tant en cuisine. Elle est en particulier l'auteure du très beau "Ecaille et Plume", livre en deux coffrets que je vous laise découvrir dans le billet que lui consacre Mercotte. La mer n'a pas de secret pour elle, dans ce billet elle nous propose du saumon, tracé de l'élevage à Cherbourg jusqu' à la cuisine. Recette qui utilise également des ingrédients japonais, comme cette algue kombu rabotée dont je raffole.

Pavé de saumon, Tororu kombu, citron vert et  jeunes courgettes

marie


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Anne, j'ai bien aimé lire la version anglaise de ton billet où tu me qualifies de "King of seafood", mention qui disparait sur la version française, et c'est très bien, une fois c'est déjà trop pour mes modestes ambitions! Belle recette aux inspiration thaï, elle me rappelle un déjeuner au Saïgon rue d'Ivry (je signale au passage à la milice que oui, je fais la différence en Thaïlande et Vietnam). J'aime aussi le titre anglais avec ce joli "Sea, sauce and spring"!

Dos de cabillaud, nage d'herbes Thaï au lait de coco, asperges rôties aux agrumes

anne


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Last but not least, avant de passer aux recettes de contributeurs n'ayant ni blog ni site culinaire, ma grande copine La Turtle me propose une contribution où elle narre une pêche nocturne d'enfance qui ressemble bien aux miennes (sauf que je n'avais pas peur des araignées ou autres bêtes). Tant le récit que la simplicité absolue du plat seraient de nature à la placer en tête, mais je préfère la classer hors-sujet (par ailleurs, j'ai encore en mémoire une ancienne histoire de ravioli où elle m'a disqualifié pour d'obscures raisons), car je trouve que ce n'est pas vraiment une recette de cuisine, mais carrément une recette de bonheur. Cela dit, on verra ce qu'en pense mon Jury d'élite.

J'en profite toutefois pour vous livrer deux scoops. Le premier est qu'après avoir découvert quelques chouettes blogs, c'est en particulier la lecture de ce billet d'Alhya qui m'a décidé à m'y mettre à mon tour quelques jours après. Le second est qu'elle m'a proposé que nous interprétions un duo de tapas de la mer au Salon du Blog Culinaire de Soissons, à la fin novembre. Comment refuser?

Apprentissage de la pêche à la crevette rose de Bretagne

et Cuisson après pêche nocturne

alhya

 

C'est toujours très gratifiant de savoir qu'on est lu lorsqu'on écrit, et surtout quand on se donne un peu de mal pour le faire. Voici quelques recettes de ceux que nous autres blogueurs appelons justement les lecteurs. A part ce dernier travers, ce sont de vrais passionnés de cuisine, de vrais doués souvent, mais n'ont pas de blog faute de temps ou d'envie

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Valérie est l'une des plus ancienne et fidèle lectrice de CdM. Elle est normande et voue à cette belle province une vraie passion. C'est toutefois dans les abers que nous nous sommes croisés autour d'un verre bien sympa, juste en face du phare ci-dessus. Elle nous

Tripes de Saint Jacques

Conserver les barbes des Coquilles Saint Jacques. Les laver encore et encore, sous peine d'avoir des crissements de dents à la dégustation (arghhhh!).

Dans une cocotte, faire revenir des oignons ou des échalotes (à l'huile d'olive) sans brûler, juste chauffer. Ajouter les barbes coupées en 2 ou 3 et des petits dés de carottes (à l'appréciation de chacun, j'ai mis 2 très belles carottes de la Manche). On peut aussi ajouter des petits dés de céleri branche. Sel, piment d'Espelette, bouquet garni.

Arroser le tout d'une bouteille de très bon cidre ou de vin blanc sec. Laisser mijoter à feu très doux pendant 2 ou 3 heures. Remuer de temps en temps et rectifier l'assaisonnement si besoin.

- Celles au vin blanc : nous les avons dégustées en entrée, point de garniture n'a été besoin.
- Celles au cidre normand (mais ça marche aussi avec du cidre breton ou basque): en plat avec une bonne purée de pommes de terre maison.
C'est fondant à souhait.

Tripes_de_Saint_Jacques


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La Grive que je ne connaissais pas avant le concours, participe avec une motivation toute personnelle que bien entendu j'ai transmise. Peu importe d'ailleurs cette raison, toujours est-il que sa recette est très jolie, et que c'est la seule cuisson en papillote de la série, une cuisson qui a pourtant le mérite de la simplicité. Il n'y a pas de photo, ou alors je l'ai perdue en route!


PAVES DE SAUMON EN PAPILLOTTE DE LA GRIVE.


pour 4 personnes:

4 pavés de saumon sans peau
4 petits poireaux
2 poires
un peu fermes
beurre, sel poi
vre, grains d'anis ou de fenouil.
papier sulfurisé.

Éplucher les poires et les couper en lamelles, les faire blondir à la poêle dans un peu de beurre. Émincer les poireaux et les faire suer de la même manière, ils doivent être bien cuits, presque fondus, à peine salés.

Sur une feuille de papier sulfurisé étaler 1/4 des poireaux, puis un lit de tranches de poires et enfin le pavé de saumon.

Assaisonner: sel poivre et grains d'anis, déposer une noisette de beurre, fermer la papillote et cuire 10 minutes à four chaud.

salm


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Avec François, la cuisine c'est le plus souvent du direct live, elle est narrée dans son jus, souvent savoureux, beaucoup de ses recettes sont entrées dans mon arsenal personnel, à commencer par son célèbre gigot de 7 heures (et quelques jours). De tous les participants, c'est celui que je connais depuis le plus de temps, nous avons usé nos manches de forum de discussion en dîners, et de bisquine en bistrots (dans le texte ci-dessous, "Pagan", c'est moi). Il partage sa vie entre France et Thaïlande, je vous invite d'ailleurs à consulter son blog consacré à ses découvertes dans ce dernier pays.


(Pas de titre, NDLE)


J'avais pas noté ce que j'avais fait... Encore une fois ça a été une improvisation autour de la cuisine du placard :-)

11h30:

Du riz "Hom mali" bien rincé, dans ma cocotte spéciale cro-onde, recouvert d'un cm d'eau. Cuisson 13 minutes plein pot.

11h40:

Des poireaux en rondelles ont sué dans un peu d'huile d'olive dans une sauteuse. Pendant ce temps, j'ai légèrement asséché un fond de tomates compotées que j'avais fait la veille et je l'ai versé sur les poireaux. Assaisonnement classique, très peu de sel, poivre blanc et une légère pointe de piment. Plaque réglée au minimum, sauteuse couverte, ça reste au chaud.

J'ai enduit d'huile d'olive une poêle anti-adhésive et essuyé l'huile avec un papier absorbant.

12h00 :

La poêle est chauffée au maximum. J'y dépose dessus 8 belles noix de St Jacques. 3 minutes d'un côté, 2 minutes de l'autre. Assaisonnées de quelques grains de sel à la lime kaffir/vanille (Merci Pagan pour cette somptueuse idée).

12h08:

Michèle arrive de son travail, dans son assiette (dans la mienne aussi d'ailleurs), 4noix de st jacques, de la fondue de poireaux et un petit dôme de hom mali.

Les noix étaient encore légèrement translucide au milieu, le corail n'avait pas éclaté. Et c'est quand on avait tout avalé que je me suis aperçu que je n'avais pas fait de photal...

StJacqu03


Bon voilà, c'est terminé pour cette fois, j'ai mis beaucoup de temps à venir à bout de ce récapitulatif, avec beaucoup de galères de formatage (pas totalement résolues) avec Canalblog, inédites jusqu'à présent, je me suis retrouvé avec deux interfaces selon l'ordinateur que j'utilisais. J'ai un peu la flemme de relire une fois de plus, n'hésitez pas à me signaler mes fautes, mes abus et surtout mes oublis. Merci encore à tous.



 

Posté par Patrick Cadour à 03:10 - - Commentaires [31]


jeudi 1 avril 2010

Boucané de mergule nain

Voici quelques mois, en visitant le Musée des Morutiers de Bar-le-Duc, j'ai découvert l'existence du mergule nain, [Alle alle  (Linnaeus, 1758)], qui ne vit pas à Bora-Bora, mais aux limites du cercle arctique, même s'il est fréquent de le rencontrer sur les rivages plus méridionaux du Royaume-Uni et plus rarement sur ceux d'Europe continentale, où il vient hiverner. C'est un oiseau marin, le plus petit de l'ordre des alcidés, au sein duquel on trouve également le pingouin, le guillemot et le macareux. 

mergulenain_5

J'ai plus récemment découvert qu'il est très comestible, grâce à un ami naturaliste à son retour du Groenland. J'aurais préféré pour l'occasion rester dans l'ambiance des blogs de cuisine et vous préparer des macarons au macareux, mais vous me connaissez, je n'ai pas l'alcidé sulfureux. Remettons-nous dans le contexte

Faute de merguez, mangeons des mergules

Depuis que vous fréquentez ce blog, la pêche à la morue n'a plus de secret pour vous, ni la dureté du métier ni la fierté des hommes ne vous sont inconnus; vous ignorez toutefois à quel point cette histoire fut constellée de drames éparpillés.

Contrairement à une idée faussement répandue mais bien reçue, les trucideurs de morues (qui à ce stade ne sont encore que des cabillauds), ne pêchaient pas depuis leurs gros navires ventrus à la poupe carrée, ancêtres des bateaux-usines, où on vidait, apprêtait, salait et stockait le stockfish. 

La pêche se pratiquait à partir des doris, petites embarcations qui se manœuvraient aux avirons, mais qu'il était possible de gréer en voilier. Deux hommes, un patron (de barre) et un matelot y embarquaient avec leur attirail de pêche, de longues lignes munies de dizaines d'hameçons, des bulots ou des capelans pour boetter, et comme seul viatique quelques biscuits de mer et un peu d'eau.

Doris

La saison était courte, il ne fallait pas perdre de temps. On ne s'arrêtait de pêcher que lorsque la mer était si mauvaise que les cabillauds eux-mêmes en perdaient l'appétit. Le brouillard était toutefois le phénomène le plus redouté, et croyez-moi, il est là-haut très fréquent et encore plus épais que l'humour de [espace contre-publicitaire à louer].

Seule la cloche du navire permettait aux pêcheurs de le situer dans l'immensité cotonneuse, et lorsqu'ils ne l'entendaient plus, c'était un peu comme si sonnait leur glas. Bien des hommes furent ainsi perdus en mer, non en raison de la perfidie des tempêtes, mais de la traîtrise des brumes (pour en savoir plus sur la traîtrise des brumes, merci de consulter ce billet).  

doris1

Ils finissaient souvent par toucher une terre, si on peut donner le nom de terre à un bout d'ilot aussi froid que nu, âpres havres où ces pauvres hères déshérités ne pouvaient qu'espérer en la pluie et en leur ténacité pour survivre quelques mois avant le grand hiver, avec l'espoir ténu qu'ils fussent secourus.

Une vie rude de souffrance et de privation les attendait, avec pour seules nourritures les poissons, quelques coquillages arrachés à l'estran, et les oiseaux de mer qu'ils pouvaient attraper. Parmi ces derniers, le mergule nain était (et est toujours) un gibier de choix, petit et tendre, dodu et facile à capturer, en quelques sortes l'ortolan polaire, la grive du givre ou la caille du froid. 

allealle

Affublé d'un bec bref et d'un cou court, cet oiseau ne se nourrit pas à l'instar de ses congénères de poissons, qu'il ne peut saisir et avaler en longueur. Il lui faut des proies trapues, essentiellement des crustacés planctoniques (voir la première image) qu'il capture en nageant entre deux eaux, se propulsant plus des ailes que des pattes, selon la déplorable habitude commune à cette famille. 

Ce régime spécifique lui procure non seulement une saveur sans pareille, mais aussi la surprenante teinte orangée de sa peau. Il serait un peu plus haut perché, on le surnommerait le flamand d'Islande, bien que ses plumes ne soient pas colorées, au contraire elle sont blanches et noires, la partie blanche augmentant en période nuptiale, comme sur le drapeau breton.

Ses courtes ailes ne lui autorisent que des vols de proximité et font de lui une proie facile, au point qu'il renonce souvent à fuir le danger, préférant l'intimidation. Menacé, il se dresse en une posture belliqueuse, bombant le torse et dressant les ailes. Avec un peu plus d'envergure, on le surnommerait la buse de l'Arctique...

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Mergule nain en colère

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Mergule nain à moitié en colère

Les robinsons du grand nord et autre Polémique Victor de passage ne sont pas les seuls amateurs de cet oiseau étonnant. Ses prédateurs sont les autres oiseaux de mer, les poissons et les mammifères marins. Les mouettes affamées, comme les mergules nains anodins, reviennent au printemps. Les navigateurs le savent, on les entend souvent affirmer "Sea-gulls come back for spring", ce qui à Bar-le-Duc se traduit par "Les cigognes reviennent au printemps". Et hop, le mergule dans la gueule de la sea-gull goulue, attention, c'est insoutenable :

mergulenain_3
"Allez, allez... avance mergule!"

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"Oh grande mouette, que vous avez un long bec!"

mergulenain_2
"C'est pour mieux te becter, mon enfant"

(Crédit photos Birdblog)

Je me demande du coup quel goût aurait une mouette exclusivement nourrie aux mergules nains? En dépit de toutes les convoitises dont il est l'objet, le mergule pullule, la colonie du Groenland compterait dans les 25 millions d'individus, auxquels s'ajoutent plusieurs millions disséminés dans les îles et archipels nordiques. Son mode d'alimentation où il n'a pas beaucoup de concurrents, explique cette prospérité.

mergull

(Crédit photo)

Les mergules nains vivent en mer, la nidification les ramène à terre, en de vastes colonies bruyantes et odorantes, les remugles des mergules étant particulièrement puissants. La maman dépose dans les roches un seul oeuf, un gros, ce qui permet à l'oisillon de bien se développer avant l'éclosion. Lorsque ce dernier est en âge de se réchauffer seul, c'est le père qui le conduit à la mer. 

Boucané de mergule nain

Ingrédients

- mergules nains boucanés 
- purée de pimientos del piquillo
- oignon rouge

Le plus difficile de la recette est bien entendu de disposer d'un ou plusieurs mergules nains, autant vous dire qu'on ne les trouve pas dans le commerce en France. C'est cet ami de passage à la maison qui m'a apporté ce trophée, il rentrait d'une baie au nom imprononçable du Groenland, où il comptait les animaux pour le compte d'une ONG, chacun s'occupe comme il le veut!

"Tiens, je t'ai rapporté des scandales gastronomiques, je sais que tu préfères ça à une poupée folklorique" Et le voila qui nous sort de son sac à dos non seulement le mergule, mais des saucisses fumées de phoque et un bout de viande  boucanée qu'il a prétendu être de baleine, mais j'ai un doute, son organisation étant justement connue pour sa lutte contre les baleiniers; cela dit, rien n'arrête ce garçon dans l'excès... Enfin, voici le butin. Sur ces photos, on distingue bien la peau et la chair orangées de l'oiseau.

mergule3

mergule4

Recette

Je ne sais pas s'il est possible de parler de recette, tant j'ai opté pour la simplicité... Lorsque je goûte un produit pour la première fois, je tente de le cuisiner le plus sobrement possible pour n'en point masquer la saveur.

J'ai choisi la purée de pimientos de piquillo pour apporter un contraste ensoleillé et une douceur venant tempérer la saveur de gibier salé du mergule nain. Je l'ai relevée d'un peu de piment d'Espelette, de quelques gouttes de vinaigre balsamique et d'une cuillerée d'huile d'olive pour la faire briller.

L'oignon rouge procède d'une démarche souvent utilisée lorsqu'on apprête des mets marins très salés, comme le hareng saur par exemple, il tempère l'excès de sapidité. Vous n'en voyez ici que quelques anneaux en décoration, mais j'en ai présenté quelques rouelles à part.

Le mergule nain est coupé en deux, puis réchauffé au four, à couvert pour ne pas le sécher. Il est ensuite simplement dressé en assiette, au fond de laquelle est déposée la purée de pimientos del piquillo, laissée à température ambiante. 

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Très honnêtement, je n'en ferai pas des folies, ça ne vaut pas un rouge-gorge dûment bardé et cuit aux sarments... J'ai un peu eu l'impression de manger un perdreau qui aurait mariné dans le nuoc-mam, avec de surcroit une saveur  âcre due au fumage à je ne sais quel bois, herbe ou algue, mais surement pas du copeau de hêtre ou de pommier! Croyez le ou non, ma fille s'est régalée, je suis tenu de lui en refaire, ça ne va pas être simple... enfin, on verra si elle fera autant la fière devant la saucisse de phoque - purée, je vous raconterai...

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A propos de "simple", je me permets de vous rappeler que le "Concours de recettes simples de la mer parfois compliquée" poursuit vaillamment sa petite croisière dans vos cuisines. Vous avez encore une dizaine de jours pour y participer, tous les détails sont sur ce billet ou sur cette page Facebook

 

Posté par Patrick Cadour à 03:07 - - Commentaires [15]
mercredi 12 septembre 2007

Le sucré s'invite chez le salé #6 - Liste des participants

Les meilleures choses ayant une fin et la saison de fraises également, nous arrivons à l'heure du bilan de cette Sixième Edition du "Sucré s'invite chez le salé", dont je suis le dépositaire après une longue lignée de cuisinières émérites, retrouvez le livre d'or de ces joutes chez Minouchka, l'instigatrice de ce jeu, dans un billet très chaleureux et très chaud.

Ma Cuisine de la Mer n'a jamais été aussi gaie et colorée que depuis que j'y ai accroché ces photos des recettes des participantes, dont la qualité des réalisations compense largement le nombre  somme toute modeste des contributions. La période de vacances, comme la relative difficulté d'imaginer cet ingrédient en salé a sans doute  freiné les enthousiasmes.

L'une de mes grandes surprises est qu'à côté d'ingrédients plus courants avec les fraises, comme le balsamique, le basilic etc., j'ai reçu beaucoup de recettes comprenant du fromage.  J'ai aussi été très content de voir quelques recettes autour du poisson, mais bon, je vais tâcher de ne pas me laisser influencer; d'aillleurs, mon jury d'élite, dont vous retrouverez la composition au bas de ce billet, n'est pas du genre complaisant. Sympa, mais pas complaisant.

Merci beaucoup pour vos participations, les voici par ordre d'arrivée, suivies de quelques unes hors concours. J'espère pouvoir vous donner le résultat final, disons, le plus vite possible, je rappelle que nous devons déterminer un  tiercé des trois meilleures recettes, enfin, de celles qui nous plaisent le plus. La gagnante aura le plaisir d'organiser la prochaine édition en choisissant à son tour un ingrédient sucré.

1
Nuage de Lait

Salade de fraises /mozarella à l'italienne

SALADE_de_FRAISES__MOZZARELLA___L_ITALIENNE

2
Bue Cat- Gato Azul - Chat bleu

Chutney aux fraises

Chutney_aux_fraises

3
Petit Miam Tout en en Couleur

Variations sucrées-salées autour
de la Noix de St Jacques, la Courgette et la Fraise

la_Noix_de_St_Jacques__la_Courgette_et_la_Fraise

4
Et si c'était bon ...

Fraises à la crème de parmesan et chutney

FRAISES_A_LA_CREME_DE_PARMESAN_ET_CHUTNEY

5
Tablissimo

Fraises farcies au fromage frais et basilic

fraises_farcies_au_fromage_frais_et_basilic

6
Cuisine Plurielle

Espadon sur lit de fraises tièdes et pesto de pistaches

Espadon_sur_lit_de_fraises_ti_des_et_pesto_de_pistaches

7
Cuisine et couleurs

Pavé de saumon au sésame , sauce laquée aux fraises

pav__de_saumon_au_s_same___sauce_laqu_e_aux_fraises

8
Instant Gourmand

Saumon mariné et fraises à la réglisse en coque de citron vert

Mon_petit_bateau_de_fraises

9
Blog-notes de Lolotte

Camembert aux fraises

Camemberfraises

10
Ôdélices

Vinaigrette à la fraise

Vinaigrette_a_la_fraise

11
Les bonheurs de Senga

Calisson de crabe au caviar norvégien en gaspacho de fraises

Calisson_de_crabe_au_caviar_norv_gien_en_gaspacho_de_fraises

12
Les carnets de Miss Diane

Côtelette de porc marinée et sa salsa de fraises

C_telette_de_porc_marin_e_et_sa_salsa_de_fraises

13
Beau à la louche

Sucette de dentelle de parmesan au cœur de fraise

Sucette_de_dentelle_de_parmesan_au_c_ur_de_fraise

14
Chez Becky & Liz

Salade de fraises et de viande des grisons

Salade_de_fraises_et_de_viande_des_grisons

15
Chez Inoule

Bouchées apéritives au chèvre et à la fraise

Bouch_es_ap_ritives_au_ch_vre_et___la_fraise

16
Lignes & Papilles

Pizza 3 fromages à la sauce tomate fraise

Pizza_3_fromages___la_sauce_tomate_fraise

17
Couverts et découvertes

L'entrecôte et son beurre aux fraises et basilic

l_entrec_te_et_son_beurre_aux_fraises_et_basilic

18
Les carottes sont cuites

Tartare de tomates aux fraises, parmesan et poivre du Sichuan

Tartare__fais_moi_frais___pisode_I_

19
La marmite de Cathy

Rizotto à la fraise, au basilic et au parmesan

Rizotto___la_fraise__au_basilic_et_au_parmesan

20
Les mains dans le p'lat

Fraises / mozzarella

FRAISES_MOZZARELLA

21
Passion culinaire pour une cuisine passionnante

Amourette fraise-écrevisse au parfum de poivre long,
parce que l’amour n’a pas de frontières

Amourette_fraise__crevisse_au_parfum_de_poivre_long__parce_que_l_amour_n_a_pas_de_fronti_res

22
ma kitchenette

Dôme de Quinoa aux fraises et graines germées
au vinaigre balsamique

DOME_DE_QUINOA_AUX_FRAISES_ET_GRAINES_GERMEES_AU_CARAMEL_BASALMIQUE

23
C'est bon çà!

Mara des bois, crème de roquette,
biscuit au parmesan et pesto fraise-argan

Mara_des_bois__cr_me_de_roquette__biscuit_au_parmesan_et_pesto_fraise_argan

24
Papilles & Pupilles

Risotto noir aux fraises et asperges

Risotto_noir_aux_fraises_et_asperges

25
Il en faut peu pour être heureux

Crumble salé au Parmesan
avec des Fraises dedans

Crumble_sal__au_Parmesan

*****

Suivent maintenant  quelques recettes qui ne participent pas à cette édition, car elles ont été réalisées par deux personnalités de mon jury d'élite, dont je vous rappelle quels sont les membres estimés et impartiaux, mais pas forcément hors de tout soupçon.

Tiuscha - Saveur Passion
Sophie - Dans la cuisine de Sophie
Gracianne - Un dimanche à la campagne
Alhya - A turtle in a kitchen

25
Saveur Passion

Fraises d'amour pour Patrick (CdM),
une mini fête foraine sucrée-salée pistache/parmesan

fraisedamourparmesan

26
Dans la cuisine de Sophie

Velours de fraises à la tomate

soupefraisestomatesmixte


Et deux recettes du mataf de service

27
Homard au pesto de fraise

13984095

28
Carpaccio de bar aux fraises et au kiwis

12373490

Posté par Patrick Cadour à 11:40 - - Commentaires [29]
vendredi 24 août 2007

Lieu jaune, sauce vierge à la criste marine

Vous reconnaissez aisément ce joli drapeau je pense, car il est en pleine actualité depuis une bonne semaine, c'est celui de la République de Kiribati. Une puissance maritime, puisqu'elle affiche une flotte enrôlant près de 2.000 marins étrangers,  ce qui est impressionnant pour une population de 106.000 âmes et une superficie de 3,5 millions de km² (mais dont seulement 811 km² émergés, ceci explique peut-être cela). C'est un archipel au beau milieu du Pacifique.

Kiribati

Il s'agit bien entendu un pavillon de complaisance, celui qu'arbore l'Ocean Jasper, ce cargo vraquier à cargaison d'acier qui a coulé le caseyeur Sokalique au large d'Ouessant, provoquant la noyade du patron, puis s'enfuyant avant d'être arraisonné et provisoirement bloqué à Brest.  Un comportement pas forcément étonnant, de la part d'un capitaine d'équipage de miséreux peu formés et sans protection sociale, de vrais galériens passant souvent plus d'une année en mer. Ce type d'accident, maintes fois évité chaque jour, finit quand même hélas par arriver, fatigue des deux bords, éperonnage par un bateau mal éclairé et/ou mal piloté, c'est la rançon de la brutalité marchande, la dureté insensée du métier, pêcheur ou mercenaire.

Je salue la mémoire de ce patron de pêche, son équipage de six marins s'en est tiré sur le premier radeau de sauvetage, lui l'a probablement joué "dernier à quitter le navire". Même sans connaître les circonstances exactes de ce naufrage, je ne peux qu'honorer ce marin, par ma colère envers un monde qui s'organise pour être irresponsable.

Gros business, ces pavillons de complaisance, car ils sont fiscalement et socialement productifs pour les armateurs, et très accommodants quant à la sécurité et à la maintenance. Ils furent à l'origine un moyen habile de contourner les embargos, désormais ils sont devenu un phénomène majeur du transport maritime international, on sait que le Panama, le Liberia, les Bahamas, Malte et Chypre ont sous leur souveraineté plus de la moitié du tonnage de la flotte mondiale (Chypre a néanmoins dû ratifier quelques conventions internationales pour que son entrée dans l'Europe soit acceptable, encore faudrait-il les appliquer).

Difficile d'en vouloir aux pays qui font ainsi commerce de leur souveraineté, ce sont souvent des états avec peu de ressources (les Kiribati font partie des cinq pays pauvres du Pacifique, avec les îles Salomon, Vanuatu, Samoa et Tuvalu). Ce business n'est d'ailleurs pas seulement l'apanage des îles ou pays côtiers, on voit par exemple de plus en plus en plus de navires arborant le drapeau de la Mongolie, pays sans accès à la mer. En conséquence, si un navire frappé du pavillon mongol commet une infraction dans les eaux internationales, c'est le droit maritime (?) de la Mongolie qui est applicable, étonnant non?

Mongolie

Les conventions internationales stipulent que "Tout navire sans pavillon est un navire pirate". Il faut donc un drapeau, et c'est ce drapeau qui détermine la nationalité du navire. Voilà pourquoi en toute légalité, puisque les faits se sont déroulés dans les eaux internationales, les responsables de cet accident devraient être jugés aux Kiribati (je ne suis pas certain que le capitaine de l'Ocean Jasper, un petit cargo turc n'ayant très probablement jamais traîné sa quille dans le Pacifique, soit capable de situer son port d'attache officiel!).

C'est un cas de conscience délicat pour Anote Tong, le président de cet archipel, car s'il permet que "ses marins" soient jugés en France, il rend son pavillon tout de suite moins complaisant, les armateurs vont s'en détourner, et c'est quand même une affaire qui rapporte officiellement 5,6 millions d'euros à son petit pays… il ne va quand même pas se faire hara-kiribati. Il paraît que notre amiral en chef, Nicolas Sarkolique, est très décidé à en découdre, mais ce combat des chefs est quand même légalement perdu, sauf à signer un gros accord/chèque compensatoire! Monsieur Tong est à gauche sur la photo (et on est rassuré, il y a quand même au moins un magistrat au look très Commonwealth sur cet archipel).

tontong

Il n'y a pas que le transport de marchandise qui soit concerné, les paquebots  de croisière sont presque tous sous pavillon de complaisance (Nassau aux Bahamas le plus souvent), et le phénomène prend de l'ampleur avec les bateaux de pêche, ce qui, outre les facilités fiscales, sociales et de maintenance évoquées ci-dessus, leur permet de contourner les quotas et règlements de prises.

Ces  pêcheurs quasi-clandestins se conduisent la plupart du temps en braconniers, ne respectant ni espèces ni saisons, ni tailles de captures, et ils utilisent les techniques de pêche les plus destructrices. Ils ont des comportements de voyous, pillant les poissons dans des eaux territoriales où les états n'ont pas les moyens de les en empêcher (Afrique de l'Ouest...), ou peu fréquentées (mers arctiques et antarctiques).  Les armateurs espagnols seraient de fervents adeptes de ces pavillons, selon les statistiques des Lloyds, les seuls à pouvoir connaître éventuellement la nationalité des propriétaires des bateaux assurés chez eux.

Comment s'en défendre sans modifier le droit maritime international? La seule méthode est d'établir des listes noires de ces navires, et d'en interdire l'accès dans les ports, mais il faudrait que tout le monde s'y mette. Le problème des listes noires est qu'il faut les tenir à jour : aujourd'hui, l'immatriculation d'un navire et l'acquisition d'un pavillon se fait avec une facilité déconcertante dans les pays de complaisance qui se livrent entre eux à une vraie guerre de concurrence. L'armateur peut rester anonyme, et l'opération ne prend que quelques minutes, pas besoin de se déplacer, on peut s'immatriculer ou changer de nationalité par internet, plus facilement qu'échanger un billet de train! D'ailleurs, mon prochain rafiot, je vais l'immatriculer sous ce drapeau, que je trouve plus chic que celui des Kiribati et moins classique que celui de la Mongolie :

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(J'envoie une boîte de sardines au premier qui trouve quel est ce pays, grande puissance navale, bien plus petit que les Kiribati et moins peuplé, mais disposant d'un siège de même largeur à l'ONU)

Je voulais vous parler d'Ouessant où je suis allé cet été, mais ce naufrage pas très loin a tout chamboulé, je vous livre quand même deux images de la tour radar et de vigie de la Pointe du Stiff, c'est de là que le Cross Corsen surveille le passage d'innombrables navires marchands, jouant au bowling avec les bateaux de petite pêche. La troisième image montre que les parages de cette tour sont un havre de paix pour les animaux… Quant à la dernière, je la propose à Anne comme photo de vacances pour son album, un très joli lougre qui doublait le  Stiff lorsque nous y étions.

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Alors, le lieu jaune malgré tout...

L'un de mes poissons préférés, je le trouve supérieur au bar, tant par sa texture que par sa saveur. Il est d'ailleurs étonnant que je ne le fasse figurer sur ce blog qu'au bout d'une année (oui, cela fait juste un an aujourd'hui que j'ai commencé CdM, pas de quoi me la peindre en bleu et l'exposer au Musée de la Marine,  mais quand même une bonne occasion de vous remercier de l'intérêt et de la gentillesse avec lesquels vous accueillez ma petite criée du vendredi). Puisque c'est sa première apparition, je me dois de faire des présentations en règle.

LJaune

Les petits poissons jaunes

(Et non pas "les petits pois sont rouges", comme on l'entend parfois, alors qu'ils sont verts). Le lieu jaune est à la mer ce que le canari est à l'air. Ce poisson a une véritable cervelle d'oiseau et il est ignorant, à un tel point que c'est devenu un adage que de dire "C'est jaune et çà ne sait pas".

Le lieu jaune se pêche à la ligne jaune, de même que le rouget se pêche au fil rouge, le merlan bleu au filet bleu,  la baleine blanche à la ligne de coke et le lieu noir comme la raie, au beurre noir. La pêche du lieu jaune est très ingrate : Le plus souvent l'animal saisit le leurre, constitué d'un morceau de beurre cru pour la couleur, et le suce sans mordre à l'hameçon. Le pauvre pêcheur n'y voit que du bleu, ce qui indiquerait qu'il a beau temps.

On a longtemps pensé que le lieu jaune était un lieu commun atteint d'une maladie hépatique. En fait non. Quand on vide un lieu jaune, on s'aperçoit que son foie est normal : Le lieu jaune ne se fait pas de bile, c'est un jaune inconscient.

La réalité est que la couleur de ce poisson est surtout un habile camouflage. Cette vêture de souci lui est bien utile lorsque par mégarde, il se laisse capturer comme un vulgaire lieu noir. Il se retrouve alors sur un bateau de pêche où tous ses prédateurs sont vêtus de cirés jaunes (également nommés "maillots de bain bretons"). Le lieu peut alors habilement se dissimuler parmi eux, et sauter à l'eau dès qu'ils tournent le regard vers l'horizon bleu, gris ou rouge.

Cette couleur lui est tout aussi utile pour parcourir les caniveaux lorsqu'il parvient à s'enfuir de chez le poissonnier. Il se confond alors avec la bordure des trottoirs, très souvent peinte en jaune. Ceci explique également que le lieu jaune évite soigneusement les zones bleues, les axes rouges et les espaces verts. La nature est décidément bien faite.

Lieu jaune, sauce vierge à la criste marine

Ingrédients

- un gros lieu jaune
- fleurs de criste marine
- tomates
- huile d'olive
- poivre blanc
- sel

- La fraîcheur du lieu jaune se vérifie à son oeil clair, légèrement convexe. Il est couvert d'un mucus assez abondant. Ses branchies sont d'un beau rouge brillant, de même que les filaments qui sont apparents dans sa cavité ventrale, ils virent au marron lorsqu'il est moins frais. C'est un poisson relativement abondant, sa croissance est en effet assez rapide. On le trouve toute l'année, mais il est particulièrement fréquent en hiver chez les poissonniers.

On pourrait le confondre avec le lieu noir,  sans deux traits distinctifs très visibles, d'une part une mâchoire inférieure proéminente, et d'autre part, la ligne qui parcourt son flanc est nettement incurvée au dessus des nageoires pectorales, elle est bien plus longiligne chez le lieu noir. Les petits sujets pourraient être confondus avec de gros merlans, mais ces derniers ont une tâche noire bien caractéristique à la base des nageoires pectorales.

Pollack

(Crédit photo)

- La criste marine, la plus maritime de toutes les fleurs, me permet de faire passer cette recette à Birgit, dont j'aime bien le blog "Un an pour faire son cooking out" qui, cela tombe bien, décline chaque mois une couleur différente en cuisine. Elle a demandé une recette mettant une fleur en scène, j'aurais cuisiné ainsi ce lieu sans cela, mais je la lui offre avec plaisir, encore plus depuis que j'ai vu qu'elle était capable de mettre un fond marin dans les assiettes!

La criste marine, je m'y suis déjà intéressé il y a longtemps, la mêlant en particulier à de l'algue carraghen pour réaliser un beurre très en pommade en raison du gélifiant de l'algue, présenté avec du homard grillé. Cet été j'en ai aussi fait de l'huile aromatisée (recette à venir) . Cette plante pousse vraiment en lisière de grève, voire carrément dans des interstices de rochers, et non pas dans les marais salants comme la salicorne, avec laquelle on la confond parfois.

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Elle est beaucoup utilisée en cosmétique, on la trouve plus rarement en cuisine, à l'exception des feuilles conservées au vinaigre comme des cornichons, qui sont assez courantes. Lilo, qui est la meilleure herboriste des blogs de cuisine, l'utilise et en parle très bien ici. Senga l'a aussi intégrée à cette recette, après en avoir goûté les fleurs à la maison, simplement coupées et venant relever des toast beurrés au saumon fumé.

Pour cette recette, je n'utilise que les sommités de jeunes fleurs, juste avant que les boutons n'éclosent. La saveur de la fleur est différente de celle des feuilles succulentes, avec des notes herbacées très marquées en face du goût iodé, un contraste assez saisissant. La feuille a des saveurs musquées et citronnées bien plus marquées. Les deux parties de la plante évoquent également la saveur anisée du fenouil mais en bien plus discret.

criste

Recette

Levez les filets du lieu jaune. Laissez la peau pour conserver de la tenue après cuisson, car sa chair, toute savoureuse qu'elle soit, se défait assez facilement, s'effeuillant encore plus que celle du cabillaud. A ce titre, la cuisson à la vapeur lui convient parfaitement. Coupez ces filets en pavés, avec un poisson pesant 1,8 kilo, j'obtiens huit portions.

Préparez la sauce vierge. Épluchez les tomates, ôtez les graines et coupez la chair en dés. Ajoutez les sommités de jeunes fleurs de criste marine, à raison d'environ une cuiller à soupe rase pour quatre tomates. Épicez de poivre blanc, mais ne salez qu'en dernière minute, sinon les tomates vont rendre de l'eau. Mélangez le tout à deux cuillers à soupe d'huile d'olive.

Faites cuire le poisson au cuit vapeur, cela va très vite, comptez environ sept minutes, mais cela dépend de la qualité de votre cuit-vapeur, du panier qu'on pose au dessus d'une casserole d'eau bouillante, à l'autoclave en passant par le four à vapeur ou le cuit-vapeur électrique performant (celui que j'emploie), il y a de grandes différences!

LJCriste

J'ai accompagné cette recette de pâtes délicieuses, juste assaisonnées d'huile d'olive, et dont j'ai oublié le nom ayant trop vite jeté le paquet vide, emballage sans intérêt pratique car il n'indique aucun temps de cuisson, il m'a fallu  donc tâtonner un peu pour coordonner leur cuisson avec celle du poisson. Ces nouilles ont bien mis douze minutes pour parvenir à un al dente acceptable, du coup mon poisson avait un brin de cuisson en trop.

Question saveur, nous étions six à table et tout le monde a beaucoup aimé, enfants comme adultes. Cette sauce vierge simplifiée ne comporte ni les échalotes (ou oignons) habituelles, voire les olives, ni les herbes qu'on y trouve le plus souvent (persil et basilic), elles sont remplacées par cette fleur de criste marine à la saveur à la fois puissante et subtile.

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jeudi 16 août 2007

Le sucré s'invite chez le salé - #6 - Prolongation

Communiqué

La date du 20 août choisie initialement et arbitrairement,
comme échéance de cette
nouvelle édition
du "Sucré s'invite chez le salé"
avec pour invitée vedette la fraise,
est repoussée au 2 septembre
.

fraise2

Pour plusieurs raisons...

En août, difficile parfois de poster de son lieu de vacances.
On m'a supplié et j'ai un coeur d'artichaut, étonnant non?
Une partie de mon jury d'élite est encore en vacances déconnectées.
Je n'ai pas le temps de m'en occuper ces temps-ci.
Je fais ce que je veux d'abord!

Un grand merci à ceux qui ont déjà envoyé leur participation!

Posté par Patrick Cadour à 10:59 - - Commentaires [7]


vendredi 8 juin 2007

Homard au pesto de fraise _ Le sucré s'invite chez le salé - #6

Allons bon, moi qui ne gagne jamais rien, même pas à être connu, qui échoue même lors de mes examens de conscience, voilà que je remporte une session de recettes, sur le thème "Le sucré s’invite chez le salé", un événement lancé par Minouchka en septembre 2006, si j’ai tout suivi. C’est que Hélène, gagnante de la quatrième édition, et donc organisatrice désignée de la cinquième, avait choisi un invité que j’aime beaucoup, l’ananas.

Dans le billet rédigé pour l’occasion, je prévenais que si je l’emportais, l’ingrédient sucré invité serait le beurre doux; vous n’y échappez que parce que je me suis documenté. L’autre jour, j’ai demandé à mon crémier de me passer une plaquette du machin;  le brave homme eut l’air inquiet, spéculant sur l’horrible mal me condamnant à cette pénitence. Non, c’était juste pour lire l’étiquette, et bien figurez-vous qu’il n’y a pas de sucre dedans! En fait le beurre doux, c’est rien que du gras de lait et de l’eau, pas étonnant que çà manque de sens...

Alors, je nous ai imaginé un ingrédient de saison, les algues sont magnifiques à la fin du printemps. Et là, question sucre, celle que j’ai choisie est incontestable, puisque son nom même l’indique, il s’agit de la laminaria saccharina, que les japonais nomment kombu royal, et nous autres laminaire sucrée. Par ailleurs, c’est un aliment très peu calorique, bourré d’oligo-éléments, et surtout d’iode, jusqu’à 600 à 700 fois la teneur de l’eau de mer. On va se régaler de cet alicament sur les plages cet été !

saccharina

Puis à la réflexion, mon côté écolo a repris le dessus, estimant que la surface de la terre subit déjà une importante déforestation, et décidant que celle des océans ne passerait pas par moi, même pour l’excellent motif d’une compétition de cuisine.

J’avais pensé aussi au miel, lequel j’ai trouvé un peu trop voisin du sirop d’érable qui fut l’un des récents thèmes. J’étais très tenté par les vins doux, à forte teneur en sucre, car on peut en faire de merveilleuses choses en cuisine, mais je n’ai pas voulu déconcerter ceux qui ne boivent pas d’alcool.

Bref, de longues heures de réflexion pour en arriver à cette évidence de saison, d’histoire et de région, ce sera :

la fraise

sucsal1

Strawberry fields forever

L’histoire contemporaine de la fraise semble basée sur un jeu de mot, ce qui m’a fait hésiter à choisir cet ingrédient, car ce n’est vraiment pas le genre de ce blog. C'est en effet un certain Amédée-François Frézier qui ramena du Chili les premières grosses fraises, au début du 18ème siècle. Ce brave homme voyageait dans le secteur pour espionner les défenses maritimes des espagnols. Je trouve sympathique qu'un gars envoyé à des fins militaires en soit revenu avec des fraises, alors je vous mets la photo de Frézier dans son habit couleur de fraise écrasée.

sucsal2

Avant lui la fraise n'était pas inconnue en Europe, où poussaient déjà les fraises des bois. Les romains ne les mangeaient pas, mais s'en faisaient des masques de beauté. Une pratique qui semble avoir été conservée longtemps, puisque Madame Tallien, l'une des Merveilleuses du Directoire, prenait quotidiennement des bains dans lesquels elle broyait une dizaine de kilos de fraises et de framboises. L'histoire ne précise pas avec quoi elle se lavait hors saison, ni même si elle se lavait.

Dès le 18ème, le mot fraise prit une connotation libertine, car on nommait ainsi les tétons féminins, l'expression "aller aux fraises" signifiait "flirter". Apparues plus récemment, les locutions "ramener sa fraise" ou "sucrer les fraises" sont bien moins agréables à évoquer. Au risque d'alourdir mon propos, j'ajoute que Frézier a prélevé ses plants tout près de Conception.

Louis XIV adorait les fraises, et son illustre jardinier La Quintinie, s'ingéniait à repousser les bornes de la saison en serres chauffées. C'est d'ailleurs ce qu'essaient tous les producteurs, soit en améliorant les variétés (la gariguette a été conçue par l'Inra pour être précoce), soit en utilisant des tunnels pour protéger les plants du froid. Le dernier truc qui a permis d'avancer d'encore un mois la saison, c'est la culture hors-sol en serres, dont je viens de découvrir qu'il est plus politiquement correct dans les milieux agricoles de la nommer "jardins suspendus". Ô Babylone, rien ne te sera jamais épargné....

C'est d'ailleurs un mode de culture désormais très répandu à Plougastel, bourg breton qui a assis a réputation sur la fraises à partir du 18ème siècle, car parait-il, le climat de cette presqu'ile est comparable à celui du Chili…. Toujours est-il que la fraise (désormais aussi insipide que les autres lorsqu'elle est cultivée hors-sol, mais moins chargée de pesticides que celle cultivée intensivement en tunnel), a fait la fortune de l'endroit, avec parmi les principaux clients les anglais, qui nous les revendaient une fois transformées en confiture…

meheut

Les fraisiers ramenés du Chili par Frézier (fragaris chiloensis) ne parvinrent jamais à fructifier, il fallut les croiser avec une autre variété d'Amérique du nord (fragaria virginiana), pour obtenir celle qui est aujourd'hui à l'origine de toutes les variétés de fraises que nous cultivons, fragaria ananassae, ou fraisier ananas. Le caractère inexorable qu'il y avait à choisir ce fruit après l'ananas n'est donc pas que saisonnier, mais ancré dans l'histoire.

Parmi les obtentions récentes et notables, il y a eu la gariguette bien sûr, mais aussi la mara des bois, à la saveur de fraises des bois discrète mais réelle, que l'on doit à l'un des meilleurs spécialistes des fruits rouges en France, Jacques Marionnet, à Soings-en-Sologne. Si vous y passez, faites aussi une escale chez Henry Marionnet, pour faire la connaissance de ses vignes non greffées (gamay, cot, sauvignon) et goûter des vins charmeurs. Dans l'excellent,  vous avez aussi Claude Courtois à quelques encablures, à Romorantin.

Un peu de botanique, la fraise appartient à la famille des rosacées, ce que nous nommons le fruit est en fait une hypertrophie du réceptacle de la fleur; les vrais fruits sont les akènes, soit les petits grains noirs à la surface. Au jardin on distingues entre les variétés remontantes ou non (fructification au moins deux fois par an) et entre les variétés émettant ou non des stolons (rejets de plantules assurant l'extension naturelle de la plante).

Chez moi j'avais planté la "Reine des vallées", une variété non envahissante car sans stolon, aux petits fruits très parfumés et très remontante, on peut avoir des fruits d'avril à octobre. J'en avais dispersé quelques pieds ci et là, pour le plaisir de les picorer en se baladant, du coup, on n'en a jamais ramené plus d'une poignée à la maison, et carrément aucune quand Mathilde passait avant nous,  ce qu'elle fit dès ses trois ans...

Pour manger de bonnes fraises, il n'y a pas mieux que de les récolter chez soi, ou du moins les acheter auprès de producteurs locaux, car c'est un fruit qui ne murit plus une fois cueilli, il s'abîme assez rapidement, de façon même fulgurante par temps orageux.

Inutile de vous recommander de ne pas acheter de fraises à Noël (même du Chili), mais par contre utile, car peu connu, de vous faire savoir dans quelles conditions sont cultivées certaines fraises d'Espagne, je vous invite à aller lire cet article.

Pour achever ce tour d'horizon rapide sur la fraise, j'ai découvert en le préparant qu'il existait une fraise de mer. La nouvelle ne m'a pas vraiment bouleversé, car ce n'est pas un animal comestible, mais je tenais quand même à vous en faire part.

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(Crédit photo)

Retour en cuisine

La fraise dans un plat salé  peut paraître une idée déconcertante, mais elle est en fait tolérante et séduisante pour de nombreux accords, on connait classiquement la menthe, le gingembre, le poivre noir, le citron, la crème, le vin, l'huile d'olive… et j'attends avec grande impatience ce que vous allez imaginer! Je vous invite aussi à aller fouiller le blog de Fabienne, qui est de tout ce que j'ai lu, celle qui s'est le plus intéressée à ce fruit.

En tant qu'instigateur de cette sixième édition, j'ai tenu à y aller de ma recette (bien entendu hors concours), j'aurais pu me contenter de mettre la photo du  carpaccio de bar aux fraises et au kiwi, mais j'ai eu une autre idée.

Homard au pesto de fraise

Ingrédients

- un homard breton de 1 kg
- 250g de fraises
- 500g d'amandes fraîches
- un bouquet de basilic
- poivre noir
- vinaigre balsamique
- huile d'olive
- lasagnes à l'encre de seiche

Oui, des amandes fraîches, car leur saison correspond à celle où le homard est le meilleur et le moins cher, elle  commence maintenant, elle se trouve aussi être au meilleur des fraises.

Recette

- Faites cuire le homard à la vapeur, puis préparez-le comme je l'ai expliqué ici. Réservez à température ambiante, les crustacés ne supportent pas le frigo.

- Pour le "pesto", brisez les amandes, enlevez la petite peau et concassez les. Passez les fraises au blender pour les réduire en purée. Mélangez cette purée aux amandes, ajoutez une cuiller à soupe d'huile d'olive, un trait de vinaigre balsamique, du poivre noir et une pincée de sel.

- Cuisez les lasagnes dans de l'eau salée, utilisez un large récipient pour qu'elles ne se collent pas entre-elles, je les fais dans une poêle, çà marche très bien. Une fois cuites al dente, rincez les à l'eau fraiche.

- Dans la même poêle, mettez de l''huile à chauffer pour frire les feuilles de basilic, que vous égouttez sur du papier absorbant.

- Dressez en assiette, en commençant par un soleil de lasagnes découpées en pointes, comme sur la photo. Placez les médaillons et pattes de homard au centre.  Entourez du pesto de fraise, et terminez en parsemant de feuilles de basilic frites.

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Je l'avoue, c'est une recette que j'ai plus conçue comme un exercice de style que comme une chose aboutie, tout en me disant que je ne commettais pas de grave erreur de saveur. Je regrette de ne pas l'avoir présentée sur une assiette rectangulaire, histoire d'ajouter un graphisme moins naïf à ces couleurs. Mais bon, c'était mardi soir en sortant du boulot, pas vraiment le temps de peaufiner ce dressage à la va-vite. Mon petit jury privé rentrant qui de l'école, qui de sa journée de travail, a été agréablement surpris de trouver du homard en entrée. Et elles ont aimé, jusqu'à finir à la cuiller le reste de pesto de fraise.

Bref une réussite inattendue, mais je pense quand même que ce pesto mériterait un peu plus de caractère, les amandes fraîches ont une saveur un peu trop discrète; la prochaine fois, j'y mettrai quelques gouttes d'extrait d'amande amère.

Ce que nous aurions dû boire, c'est un champagne blanc de blanc. Le chardonnay est un vieux complice du homard, en des terres plus bourguignonnes, il est vrai. Pour le reste,  j'aime commencer une soirée d'été avec juste quelques fraises et un verre de champagne, je vous invite à cet accord de douceur précise et infinie.

Le sucré s'invite chez le salé - #6

J'espère vous avoir décidés à tenter la fraise avec le salé. Nous sommes en juin, je vais donc faute de temps dans un mois pour  rassembler vos recettes, fixer la fin de cette session assez loin, vous avez jusqu'au 20 août pour nous faire part de vos merveilles.

Quand je dis "nous", c'est du jury dont je cause, voici les  jurés, au premier rang desquels vous reconnaîtrez celles qui sont arrivées seconde et troisième lors de la précédente édition.

Tiuscha - Saveur Passion
Sophie - Dans la cuisine de Sophie
Gracianne - Un dimanche à la campagne
Alhya - A turtle in a kitchen

Blogueurs ou non, je vous invite à envoyer ou  signaler vos recettes à cette adresse : tagada@cadour.net

Posté par Patrick Cadour à 08:08 - - Commentaires [67]
lundi 15 janvier 2007

Captain Top Ten

Ce blog avait à peine quatre mois fin décembre, et voici que la pétulante Sigrid (le seul chou de Bruxelles comestible que je connaisse), me propose de présenter mes dix meilleures recettes de 2006.

C'est très gentil,  je la remercie beaucoup d'avoir pensé à moi, mais je me suis d'abord dit que çà revenait à choisir les dix photos les moins pourries parmi celles publiées sans vergogne sur CdM ...  car avant de jouer aux blogs, je ne tirais que rarement le portrait de ce qui sortait de ma cuisine; heureux temps où je mangeais chaud comme les gens normaux! Alors, je me suis organisé :

- J''ai décoloré mes photos, on voit ainsi moins les aberrations et çà donne un côté flash-back qui plaira au moins à deux ou trois personnes.
- Comme ce sont souvent les dernières réalisations qui me plaisent le plus, j'y ai mis deux recettes publiées au début du mois de janvier mais réalisées en fin d'année, et que personne ne vienne me dire que çà ne vaut pas!
- J''ai eu la louche tentation d'aller choisir dix recettes sur d'autres blogs, mais c'est comme çà qu'on se fait dix copains et des milliers d'ennemis tapis dans l'ombre...

fishman

Je place en premier le billet sur les bigorneaux, lequel je me suis vraiment amusé à rédiger, et qui raconte que la mer, c'est juste simple et bon. En plus d'être souvent drôle...

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C'est en 2006 que je me suis servi d'un rouleau à pâtisserie pour la première fois de ma vie, et pas pour faire un gâteau (celui qui me verra faire un truc pareil n'est même pas encore une lueur salace dans l'oeil de son père). Non, c'était pour le carpaccio de thon au fruit de la passion.

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Un autre tournant de ma vie s'est produit en 2006 quand Alhya, ma tortue musicale préférée, a lancé le thème du ravioli pour l'un de ces challenges qui compte pour un cuisinier. Je me suis pris au jeu de tenter de les fabriquer, de m'en moquer et de les détourner; au final ils étaient très bons, ces wontons d'araignée de mer à la mélisse.

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Un moment de franche rigolade, ce fut aussi lorsque je me suis attaqué à ce céphalopode réputé gluant et inquiétant, mais qui est l'un des animaux les plus intéressants et délicieux au monde. C'était un poulpe au chorizo.

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Lorsque je me lance dans une cuisine aussi raffinée et complexe que celle de la Thaïlande, je ne fais pas trop le malin, et je respecte plutôt les indications de la recette que j'ai en mains.  A force d'à force néanmoins, je me mets à l'aise, c'est comme cela que cette recette de poulet a été un peu bousculée pour devenir une lotte au curry vert.

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C'est au début de l'année 2006 que j'ai appris cette technique de cuisson des filets de poisson sur la peau entre deux feuilles de papier, et j'ai été très heureux qu'elle ait été adoptée par quelques uns des lecteurs de ce blog. Ci-dessous, une application avec l'un de mes poissons préférés, le saint pierre à la mélasse de grenade.

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La coquille saint-jacques, je lui ai consacré pas moins de cinq billets depuis que j'ai démarré ce blog. Ce fut l'entrée de notre repas de noël en petit comité, ces coquilles saint jacques truffées à la braise,  rien que l'excellence de quelques ingrédients et la magie du feu de bois, je n'en reviens encore pas moi-même.

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La suite du repas de noël fut un bar au beurre blanc vert, qui témoigne bien de l'évolution de ma cuisine. A l'origine, c'était un bar en habit vert (laitue) cuit au four en papillote, servi avec des légumes à la vapeur, poireaux, carottes et pommes de terre, et un beurre blanc traditionnel. Là c'est le poisson qui passe à la vapeur, les légumes restent croquants, et le beurre blanc se singularise par un apport de thé matcha.

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On m'aurait dit qu'il y aurait deux desserts dans une sélection de dix de mes recettes, j'aurais rigolé comme un cormoran devant un porte-manteau. Ma créativité n'y est pour rien, puisqu'il s'agit de recettes tout aussi familiales qu'ancestrales. D'abord le flan de pioka au coulis de mures sauvages, une recette réalisée avec une algue riche en gélifiant.

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Enfin, c'est une recette qui n'est pas tout à fait de la mer, mais j'ai été très heureux de l'accueil qu'elle a reçu, notamment auprès de deux personnes pour lesquelles j'ai beaucoup de respect et d'amitié, qui m'ont fait le plaisir de le tester. C'est le farz fourn, dont vous trouverez ici la version de Mamina, ainsi que celle de Ségolène, au risque que vacille ma proverbiale modestie.

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Pour finir, merci à vous tous d'avoir si bien  accueilli  ce blog, qui j'espère vous amuse autant que moi!

Je passe le relais à Gracianne et Marion; je le confie également à Delphine et Charline, dont les blogs ont démarré sensiblement en même temps que CdM, je pense qu'elles trouveront facilement dix recettes, car elles n'ont pas chômé depuis!

Posté par Patrick Cadour à 09:55 - - Commentaires [46]
samedi 4 novembre 2006

Réponse à la Galerie des horreurs (3)

C'est assez frustrant d'écrire cette réponse pour publication future, sans avoir lu vos commentaires sous la question, pour peu que vous en ayez laissé; mais bon, au moment où ce billet paraîtra, je serai probablement à la lutte avec un énorme congre dans une crevasse insondable... Les tatouages sur les poings de Mitchum dans la Nuit du Chasseur, c'est "love" et "hate", que je ne vous ferai pas l'injure de traduire. Hate, çà veut dire haine.

Côté LOVE :

Vous avez sur cette photo un brennig (bernique ou arapède en français), surmonté d'un débonnaire bigorneau, de l'espèce la plus succulente qui soit. Deux cousins qui fraternisent, et plus si affinité. Au delà de leur aspect hautement comestible (les recettes dans quelques jours), ce sont de réels bienfaiteurs des côtes.  Ils broutent les algues vertes, ce fléau qui prolifère sur nos côtes bretonnes, en raison principalement des affluents agricoles.

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Donc, deux fois LOVE pour ces deux compères, qui ne vont pas pour autant échapper à mes casseroles ;-))

Côté HATE :

On voit tout de suite à son aspect tourmenté que ce bigorneau n'a pas le côté jovial de son homologue ci-dessus.  Cette première impression est pleinement justifiée, c'est un bigorneau perceur.

Rigolez pas, c'est très sérieux, on approche de la technique vampirique de la lamproie, mais avec le raffinement d'une lenteur extrême.  Figurez vous que la bestiole perce un trou d'un millimètre d'épaisseur dans la coquille de sa victime, à l'aide d'une solution acide et de ses dents. Cà lui prend environ une demie-journée pour une moule, par exemple. Pour une coquille de brennig, autrement plus coriace, çà n'a jamais été chronométré à ma connaissance.

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Alors oui, tout le monde a le droit de vivre, même au dépend de plus petit que lui comme ici. Attention néanmoins au péril jaune (non, je ne parle pas de La Poste qui m'a encore perdu un paquet), depuis 1995 on a observé dans les parcs à huîtres de Marennes-Oléron, le développement d'une espèce "chinoise" de bigorneau perçeur, nettement plus dévastateur que son cousin indigène. Sachez que c'est un véritable fléau... la seule façon de lutter, c'est le ramassage manuel. On va versé (et peut être le fait-on encore) des primes aux ramassage et cela même avant l'arrivée des "chinois".

Je ne veux surtout pas  vous encourager à le détruire si vous le croisez sur l'estran, il participe à l'équilibre général des endroits sauvages.  Armez-vous de sang froid, prenez votre appareil de photo et saisissez sur le vif cette cruelle scène de prédation, si vous avez la chance d'en être le témoin. Je suis certain que tous ceux qui partent en Afrique pour un safari-photo n'en ramènent pas de semblables.

Dans le prochain billet, c'est  promis : je reviens en cuisine !

Posté par Patrick Cadour à 20:20 - - Commentaires [9]
vendredi 3 novembre 2006

Galerie des horreurs (3)

Je suis toujours à la plage avec ma pelle et mon seau, ce billet a été programmé. Malheureusement pour vous, il ne va pas s'auto-détruire.

On va souffler un peu après ces horribles surimi et lamproies, après tout, la fête des affreux est passée depuis mardi, je vais donc me contenter de vous poser un petit cas de zoologie, version encoquillée.

Simplement deux photos, et la question est :  quelle est la différence cachée entre ces deux images ? Vous avez trente minutes.

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et

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Ce n'est pas le jeu des sept horreurs, mais quand même, lorsque vous viendrez lire la réponse demain (si vous n'avez franchement rien de mieux à faire, vous verrez que l'horrible est partout...

La végétation ou la taille des animaux n'ont aucune importance. Un indice pour les terriens : Le tatouage de Mitchum dans la "Nuit du Chasseur".

Posté par Patrick Cadour à 08:08 - - Commentaires [8]
mardi 31 octobre 2006

Galerie des horreurs (2)

Toujours dans le dessein de ne pas rester trop lontemps absent sur les ondes, sous prétexte de vacances scolaires, je poursuis cette publication en différé de ma petite Galerie des horreurs; aujourd'hui,  c'est du 100% naturel. Je me suis déjà moqué de la sale tête de la lotte , et bien j'ai encore plus laid en magasin :

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Je pourrais vous planter là avec cette image, faire une devinette par exemple, mais franchement, je sens que vous m'en voudriez de vous laisser plusieurs heures avec cette angoisse. J'imagine en particulier ceux qui lisent çà au petit déjeuner... avec toutes mes excuses, mais c'est aujourd'hui Halloween.

Alors, c'est une lamproie. Un monstre marin qui remonte les  fleuves et rivières pour se reproduire (çà devrait être interdit). Outre cette tête pas possible (mais si, c'est la tête ), ce poisson primitif, sans os ni arête, a un mode d'alimentation bien particulier : c'est un vampire. Il s'accroche à un autre poisson à l'aide de cette jolie ventouse dentée, il se nourrit de sa chair qu'il liquéfie de sa salive. Textuel. Sur la photo ci-dessous, ce sont des juvéniles, c'est tout de suite plus mignon :

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Le pire, c'est que çà se pêche et se mange; je ne veux encore une fois me fâcher avec personne, mais la recette la plus connue, c'est la "lamproie à la bordelaise", suivie de près par la "lamproie à la nantaise" et celle "à l'angevine". Je n'ai pas le coeur de vous montrer en direct live comment se prépare cette bestiole, vous m'en voudriez à mort... Mais il y a apparemment au moins un gars sur internet que çà passionne, au point d'avoir consacré un site à la lamproie :

http://lamproie.com.free.fr/site_de_la_lamproie/index.html

Je conseille aux majeurs de visiter la page technique, mais pas juste avant de vous coucher... Là, c'est vraiment gore... Bon le gars, il a compris qu'il ne ferait pas le plein de visites avec la lamproie, et il a mis un paquet d'autres recettes à lui, pour la plupart vraiment intéressantes.

zeeprikg

Alors, que boire avec ce délicieux plat?  Ben à vrai dire, j'aurais bien besoin d'un grand seau de rhum vieux...

Posté par Patrick Cadour à 12:12 - - Commentaires [24]


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