lundi 27 février 2012

Marinière de pétoncles noirs à la sarriette

 « Il vaut mieux s’enfoncer dans le brouillard qu’un hameçon dans la lèvre », c’est en substance la réflexion que je me faisais en conduisant le plus vite possible sur la Nationale 12, traversant « Mon beau pays par l’hiver soumis » ainsi que le chantait Gilles Servat, avec comme toujours le feu sacré d’un barde indigné. A l’époque on savait s’indigner, comme me le susurrait avant-hier une douairière de gaillard d’avant.

N’empêche que brouillard ou pas, je suis tombé peu avant Morlaix sur des hirondelles qui n’auraient jamais dû se trouver là en cette saison, et qui ont à tout prix tenu à me prendre en photo. Je ne sais pas qui les a renseignées de mon passage, et du fait que plus j’approche de Lannilis, et plus j’accélère. C’étaient des hirondelles de terre près de Belle-Île-en-Terre, jamais des hirondelles de mer ne m’auraient infligé un tel affront de terre ; sur le front de mer, on est bien plus coulant envers ceux qui sont à fond de train. 

Hirondelle de mer, le surnom de mes ancêtres Roudaut du côté de Lilia, ar gwinelli en breton. Youn ar Gwinelli, mon trisaïeul, et M'one ar Gwinelli ma bisaïeule, celle qui ne supportait pas les fruits de mer, à ce point qu’elle exigeait que des ustensiles de cuisine soient destinés à l’unique usage des poissons et commensaux. 

hdm

Des gens peu commodes, une lignée de goémoniers qui a failli mal se terminer pour ma branche. M'one était en effet destinée à entrer dans les ordres, et elle s’en fut bel et bien vers un couvent hospitalier situé je ne sais plus où, mais mon grand-père si, puisqu’il riait à chaque fois qu’il me citait l’adresse portée sur la malle de voyage de sa mère, reléguée au grenier, et qui commençait par « Sœur Marie-Yvonne des Anges ». Peu de temps après, M'one la nonne jetait son voile aux orties et revenait à son Kelerdut natal, affirmant qu’elle n’avait pas l’intention « de passer sa vie à soigner des vieux ».

Avec elle, les anges devaient voler droit, elle a ainsi viré de chez elle les prêtres du gros bourg d’à côté, Plouguerneau une riche paroisse agricole, pour une embrouille de catéchisme. Le prêtre venu parlementer a terminé la discussion par cette sentence « Vous aurez une croix rouge sur votre porte ».

Mon grand-père affirmait que jusqu’à ce qu’il rencontre les aumôniers de La Royale, il était persuadé que les ecclésiastiques étaient au nombre des pires gens. Mais du coup, il avait gardé une certaine idée de la religion, et lorsque je fus en âge de le suivre à L'Auberge des Abers après la messe dominicale, il me confia qu'on allait apprendre à nager au petit Jésus, c'est depuis que je considère mon estomac un peu comme un coin de mer...

Quant au surnom Gwinelli, la légende familiale prétend qu’on le doit au grand-père de M'one, un type  assez habile et ambidextre pour manipuler une faucille dans chaque main, et produire des tours d’agilité et de jonglerie avec, la forme des faucilles créant une analogie avec les ailes courbes des hirondelles.

faucilles-porspoder
Faucilles du Nord-Finistère 
Goémon - Blé - Laminaires
(Source)

Un gars avisé aussi, car une plus discrète légende (il doit il y avoir prescription), prétend qu’il a trouvé de l’or dans un bateau venu à la côte on ne sait comment (les pires hypothèses circulent), ce qui a très considérablement amélioré son train de vie. Il a pu ainsi acheter des terres, et s’extirper de la condition miséreuse de goémonier, dont la famille a toutefois continué d’exercer le dur métier.

C’est ainsi que mon grand-père a pu prétendre s’allier à une confortable famille d’étalonniers de Lannilis, en épousant Annick Kerboull de Keradanet. La première fois que celle-ci a été reçue dans sa belle-famille, le repas a été interrompu par deux goémoniers, annonçant qu’un fils de la famille et un autre proche venaient de disparaître en mer ; leur canot, La Louise, avait été retrouvé vide au large des rochers de Saint-Michel. 

LiliaNaufr

Je vous raconte tout cela non pour commencer une chronique familiale et encore moins écrire une autobiographie, mais juste pour que vous mesuriez à quel point lorsque je reviens dans mes abers, je n'ai pas seulement rendez-vous avec deux rivières salées, mais aussi et surtout avec les gens qui ont construit ce pays, et le forgent encore. J'ai rendez-vous aussi avec de magnifiques produits, pour en revenir au caractère nutritif de ce blog. 


Le pétoncle noir

C’est un coquillage que je ne trouve pas à Paris, contrairement à son cousin le pétoncle blanc, ou coquillette, ou vanneau, à la chair à la fois moins fine et moins généreuse. En Bretagne parfois dans les environs de Brest, je tombe assez souvent dessus, c’est une pêche saisonnière au même titre que la coquille Saint-Jacques. Le pêcheur de la vidéo ci-dessous l’explique bien, comme il raconte qu’il a été  longtemps dédaigné dans nos assiettes, et encore aujourd’hui où il est beaucoup exporté vers le littoral sud-ouest français.

 Il a pourtant fait l’objet d’une surpêche, il est désormais difficile à trouver sur le littoral Atlantique où il est souvent une prise accessoire à celle des huîtres plates sauvages, dont il partage le même substrat sous-marin, le maërl. Ce dernier est constitué de débris d’algues marines et de coquilles. Riche en calcaires et en en matières organiques, il constitue un excellent amendement pour les sols maraîchers, sa surexploitation a beaucoup nuit au pétoncle noir qui pullulait, à ce point qu’on l'épandait sur les champs avec le maërl !

Compte tenu de la forte demande du sud-ouest, on a tenté l’élevage des pétoncles noirs, cela semblait facile, mais les conchyliculteurs se heurtent à une mortalité importante de leur cheptel, les pétoncles ne supportant pas bien d’être plusieurs fois manipulés, et sont très sensibles à des conditions extérieures extrêmes, froid, chaleur, tempêtes, etc…

Lorsque vous achetez des pétoncles noirs, assurez-vous qu’ils soient bien fermés. A la différence de la coquille Saint-Jacques, qui peut bailler, surtout s’il fait froid, et se refermer à la moindre chiquenaude, le pétoncle noir reste toujours fermé lorsqu’il est vivant.

Sa rareté n’en fait pas un coquillage hors de prix, je l’ai payé 12 euros le kilo dimanche matin au marché de Siam à Brest, rien d’extravagant si on compare au tarif des palourdes ou des praires, dont la coquille est plus lourde et le poisson moins généreux. 

petonclenoir

On peut le déguster cru, entièrement, c'est-à-dire avec barbes et autres, ou le mariner légèrement comme dans cette recette

Il est assez courant de le farcir d’un beurre aromatisé après l’avoir fait ouvrir à sec sur une tôle brûlante, et on le retrouve tout aussi fréquemment en sauce marinière, comme la recette ci-dessous en est ma dernière variante. 

petonclenoir3


Marinière de pétoncles noirs à la sarriette

Ingrédients

- 1,2 kg de pétoncles noirs dégorgés
- 1 petit oignon rosé (ou autre oignon doux
- 3 échalotes 
- beurre
- huile d'olive
- 1 feuille de laurier
- 10 tiges de sarriette 
- vin blanc (sauvignon)
- poivre de la Jamaïque
- poivre noir
- persil frisé 

A défaut de sarriette fraîche (elle pousse dans mon jardin avec une facilité incroyable), vous pouvez utiliser du thym ou mieux du thym-citron. De même qu'à la place du poivre de la Jamaïque, vous resterez dans une gamme aromatique comparable avec une pincée de quatre-épices. 

Recette

Lavez soigneusement les pétoncles, en plusieurs eaux, jusqu'à qu'il n'y ait plus de débris dans la bassine et que l'eau de rinçage soit à peu près claire. Vous les examimez un à un, de façon à vérifier qu'ils sont tous restés bien fermés, éliminez ceux qui baillent, il sont morts, voire avariés...

Hachez pas trop finement l'oignon et les échalotes, et mettez les à revenir rapidement dans un mélange de beurre et d'huile d'olive, sans les laisser colorer. Ajoutez les pétoncle, le laurier, la sarriette et un verre de vin blanc, brassez et faites cuire à couvert sur feu vif.

Remuez assez fréquemment, un peu avant la fin de la cuisson (c'est à dire quand les coquilles sont ouvertes, il ne faut pas prolonger au delà), ajoutez les poivres, puis juste avant de servir, le persil frisé haché. 

petonclenoir1

Ce plat est particulièrement généreux, nous étions neuf à table, j'en avais donc acheté plus de deux kilos, plus la généreuse pelletée gratuite du mareyeur, Monsieur Le Bot de Landéda, avec lequel j'avais bien discuté le coup...

petonclenoir5

La saveur du pétoncle est douce, presque sucrée, elle est également très iodée et un peu poivrée, cette recette lui allait parfaitement bien. Pour cette raison, je ne lui ai pas appliqué le même sauvignon de Touraine que pour la cuisson, mais plutôt un blanc de Provence, un Chateau Les Valentines 2010, rare mais excellent. 

petonclenoir4 

*****

Rejoignez CdM sur Facebook (clic & like)

*****

Posté par Patrick Cadour à 11:33 - - Commentaires [9]


mardi 21 février 2012

Dos de cabillaud au miso rouge et à l'ail noir

Bon les amis, c'est Mardi-Gras, le jour où les pauvres sont rois, et où on se prend la seconde salve de crêpes du mois. Depuis peu, car la tradition veut qu'on consomme des beignets ce jour-là, il faut certainement y voir l'œuvre occultes des minotiers et des marchands de pâte à tartiner à l'huile de palme réunis.

Bref, le Mardi-gras est tout aussi symboliquement pour les chrétiens la période où on arrête de manger de la viande et du gras pour entrer en Carême dès demain, et qu'on fête somptueusement en mangeant des beignets et des animaux gras, c'est la fête du bœuf-gras.

Notez qu'il existe aussi des bœufs maigres, il y a assez longtemps, j'ai mis en strophes une leçon de management pas piquée des hannetons que je confie à votre sagesse.

Les deux bœufs

 Par une radieuse matinée d'automne
S'en allait par la campagne un gai citadin
Regardant tourbillonner les feuilles jaunes
Et tournoyer au vent les ailes des moulins.
 
Alors qu'il dévalait la pente d'un coteau
Il découvrit, attelés en bons compagnons,
Tirant le soc qui creusait tout droit le sillon,
Deux bœufs, l'un était très maigre et l'autre gros.
 
L'homme en sabots de bois qui guidait la charrue
Maniait une forte et noueuse badine
Dont il se servait avec foi et sans radine
Pour châtier uniquement le bœuf menu.
 
"Brave laboureur", intervint le citadin
"De ton bras vengeur, pourquoi frappes-tu toujours
Sur ce souffreteux et si malingre bovin,
De son opulent copain, quand viendra le tour?"
 
"Eh bien", répondit sans malice le paysan,
"Si c'est sans cesse le plus maigre que je rosse
Ce n'est certes pas qu'il est le plus fainéant,
Mais voilà, de mes deux bœufs, c'est le seul qui bosse !"

boeu

Vous pouvez penser que je vire lof pour lof ma cuti, à vous causer religion et bœufs, mais en fait, mon objectif est de vous faire part de mon choix quant à la question posée dans mon précédent billet et sur la page Facebook de Cuisine de la Mer, que vous êtes désormais plus d'un millier à suivre, merci à tous !

La question était de savoir si j'allais ouvrir ce blog aux produits de la terre, ou si je lui gardais sa spécificité marine. La plupart des gens m'ont répondu de faire comme je voulais, et la très grande majorité s'en fiche.

Bref, je vais continuer comme avant, avec peut-être une exception de temps en temps. Pour l'heure, c'est une vraie recette de jours maigres que je vous propose, sans viande et sans une once de gras, même si elle met en œuvre des produits plutôt luxueux.

Dos de cabillaud au miso rouge et à l'ail noir

Ingrédients

- dos de cabillaud
- miso rouge
- mirin
- poivre sansho
- ail noir d'Aomori
- huile d'olive
- un condiment salé
- un condiment mariné

- Le cabillaud est le plus grand luxe de cette recette, comme vous le savez il fait partie des espèces très menacées par la surpêche. Toutefois, dans les pays où les quotas ou les flotilles sont gérés avec intelligence (Islande, Norvège par exemple), le cabillaud n'est plus rare. En revanche, dans les endroits où il quasiment disparu, comme sur les anciens bancs de Terre-Neuve, sa réappropriation de l'espace désormais occupé par d'autres espèces est problématique.

J'en consomme très rarement sous sa forme fraîche, vous verrez qu'en six ans, je n'ai posté qu'une recette de cabillaud sur ce blog. En revanche, j'ai été un peu plus gourmand sur sa version salée, la morue, car il est presque impossible de la substituer par un autre produit, alors que le cabillaud, on peut réaliser les recettes qui leui sont destinées avec par exemple de l'églefin ou du lieu jaune, deux excellents poissons dont les stocks sont néanmoins également en diminution.

Je rappelle toutefois que je suis contre toute forme d'interdit, voire de boycott de ces espèces plus ou moins menacées, les pêcheurs ont besoin de vivre, une consommation responsable est une consommation diversifiée et non excessive. Ceux qui ne consomment que de la sole ou de la lotte parce qu'ils ne savent pas se débrouiller avec trois arêtes sont à mon sens plus irresponsables qu'un type qui mange toutes les espèces de poissons de la mer.

Auparavant, on ne mangeait du poisson qu'une fois par semaine, le vendredi, et on respectait les saisons. On ne consommait pas de bar durant ces mois de janvier à Mars, où il est en période de frai, on ne mangeait des ormeaux qu'aux mois de février et mars, par exemple.

Contrairement à ce que ce blog pourrait faire croire, je ne mange pas de poisson (sauvage ou d'élevage, cela ne fait aucune différence, la plupart des poissons d'élevage étant nourris de poissons sauvages) plus d'une fois par semaine, en moyenne, ne croyez pas que je tienne des comptes exacts, mais l'estimation est assez juste.

Vendredi dernier, je n'avais pas d'intention préméditée en allant chez le poissonnier, mais lorsque j'ai vu ce magnifique morceau de cabillaud, j'ai craqué, raisonnablement, pour l'entrée que j'avais en tête, des pavés de 120 g par personne suffisent.

- L'ail noir de la Préfecture d'Aomori vient du Japon ; il s'agit d'aulx conservés et fermentés dans de l'eau de mer très pure, je vous en ai déjà parlé dans ce billet.

- Le miso est une pâte de soja et de céréales (souvent du riz) fermentée. Plus elle est fermentée, et plus sa saveur et sa couleur sont prononcées, passant d'un blanc crémeux à un rouge-brun, d'où la distinction faite entre miso blanc et miso rouge, mais il en existe d'autres intermédiaires, et de plus en plus on peut trouver des misos aromatisés (au yuzu, à la prune etc...)  

- Le poivre sansho est endémique au japon, ce n'est d'ailleurs pas un poivre mais un agrume de la même famille que l'arbre qui fournit de poivre de Sichuan. Vous pouvez à défaut utiliser ce dernier,

- Le mirin est un adjuvant culinaire, légèrement alcoolisé.

A part l'ail noir, tous ces ingrédients se trouvent assez facilement désormais, les magasins d'alimentation asiatiques intègrent désormais de plus en plus de rayonnages de produits japonais. Pour l'ail noir c'est plus délicat, je ne le trouve pour l'instant que chez Issé, rue Saint-Augustin à Paris, avec de fréquentes ruptures des stocks. On peut le commander sur leur site ou celui de l'excellent Nishikidôri Market.

Recette

Vingt-quatre heures à l'avance, diluer de la pâte de miso rouge avec un peu de mirin. Mettez-y les pavés de cabillaud à mariner, en les retournant deux ou trois fois.

Egouttez-les, placez les au four à 200° sur une plaque couverte de papier de cuisson. Laissez cuire de cinq à dix minutes selon leur épaisseur, et terminez la cuisson en les faisant un peu bronzer sous le gril du four.

Pendant la cuisson du poisson préparez une pâte avec de l'ail noir. Ecrasez des gousses pelées au mortier, et montez les avec un peu d'huile d'olive. Salez et assaisonnez légèrement au poivre sansho. Lorsque le poisson est cuit, servez-le immédiatement en disposant dessus un peu de cette pâte.

cabmiso2

Disposez quelques "condiments" à côté, ici pour le salé, une prune salée ou umeboshi (qui est en elle-même une expérience forte), et pour le mariné, du concombre au gingembre et une lamelle de gingembre mariné roulée. J'avoue que c'est autant l'harmonie en rouge de ces produits qui m'a guidé que leur saveur, une couleur apportée par les feuilles de shizo rouge.

Il y avait une soupe au miso blanc à côté (recette à venir) et bien entendu, un bol de riz. On a bu du thé au riz grillé (genmaïcha), rassurez-vous je ne suis pas malade, on a continué le repas avec du vin.

cabmiso1

*****

Rejoignez CdM sur Facebook (clic & like)

*****

Posté par Patrick Cadour à 15:15 - - Commentaires [5]
lundi 6 février 2012

Curry thaï de crabe de mangrove (Poo phad pong garee)

Chapitre 1 - Où on se les caille sévère suite au naufrage de l'Improbable

La bise était si froide que nous avions renoncé à faire sauter les crêpes, qui gelaient en l'air et se brisaient en retombant dans la poêle. Le Nutella avait pris l'aspect peu engageant de l'huile de palme figée, tandis que le cidre devait être cassé à la pioche.

Seuls les brûlots de rhum réussissaient à briser la glace scellant nos lèvres gercées, mais nous nous gardions bien de sourire, afin de ne pas devenir la cible des chasseurs de lions de mer.

yaman14

Nous nous étions échoués sur cette côte au vent entre le Horn et le Passage de Magellan, la rive rocheuse de la mal nommée "Terre de Feu". Nous n’apercevions plus le navire dans cette nuit aussi froide que l’intérieur d’un frigo, sans la petite lumière si rassurante lorsqu’on s’y enferme pour échapper aux brûlures de l’été siamois, en Mer d'Andaman. Nous étions ici immergés dans l'emmerdement jusqu’au cou, et même au-delà. Le feu brûle, mais le froid est mordant.

752px-Strait_of_Magellan

Rien n’avait pu être sauvé lors du désastre, tant il avait été brutal et soudain, nous avions évacué le navire à la vitesse d’un commandant de bord italien au galop. Seul le cuisinier du bord, glorieux ivrogne et bâfreur aguerri, avait eu la présence d'esprit de sauver le matériel sur lequel il s'affairait au moment du désastre (et moi de sauver mon iPhone, sinon je n'aurais jamais pu vous tweeter cette tragédie). 

Ce damné fils de moine n'avait rien trouvé de mieux que cuisiner des crêpes flambées en vue de la Terre de Feu, afin prétendait-il, de faire la nique aux naufrageurs fuégiens, les yamanas, qui allumaient des feux sur les falaises hostiles pour attirer les navires sur les brisants acérés. Enfin, du moins avait-il eu la présence d'esprit de sauver le rhum, mais nous n'avions qu'une poêle à frire pour nous défendre des attaques de ces pirates. 

170944

Nous nous étions débrouillés sans les terribles yamanas pour nous drosser à la côte, un empannage malheureux avait suffi, et nous avons bien senti notre dernière Chandeleur arrivée. L'homme de barre avait cru voir surgir une vague scélérate, de celles qui dans ces parages maudits vous envoient au fond aussi sûrement qu'un Krakken facétieux. Non, il ne s'agissait que d'une chute de brouillard, car en ces détroits hostiles, la brume tombe plus vite qu'une pomme sur la tête d'un anglais. 

vague

Nous sûmes que c'était le matin quand les rayons du soleil commencèrent à nous rissoler les yeux, où les larmes du désespoir avaient gelé et faisaient loupe. Qui n'a jamais dégivré son pare-brise personnel au rhum, par un petit matin d'hiver sur la côte orientale de la Terra del Fuego,  ne peut soupçonner la vive douleur qu'un tel gaspillage provoquait en nos âmes égarées.

Nous scrutâmes alors la mer, pour nous rendre à l'évidence que, contrairement à nos âmes, nous n'avions pas égaré notre navire, mais qu'il était perdu, à jamais englouti dans une mer sans fond, par une nuit sans lune, sous l'aveugle océan à jamais enfoui !

C'est donc de la terre que nous devions attendre le salut, et je commençais déjà à rassembler les bribes de yamana apprises avant la traversée, afin d'expliquer aux indigènes que la bise était venue, et que nous subsisterions bien de quelques morceaux de phoque ou de baleine. Hélas, quand le sort est cruel, il ne mégote pas à la demi-sel. A peine avais-je tourné le regard vers la plaine que je compris que nous n'aurions pas affaire aux yamanas, peuple de marins pêcheurs avec lesquels nous pourrions partager quelques valeurs. Non, ceux qui surgirent dans la lueur des premiers rayons étaient d'inquiétants selk'nams, chasseurs de nandous et pêcheurs en eau douce.

kotaixona055f_selknam1m_e197940

6a00d8341c026953ef012876aad2a8970c-300wi6a00d8341c026953ef012876b34e4e970c-300wif_selknam6m_7ba5a4b

Ces personnes ne paraissaient pas particulièrement hostiles, plutôt curieuses de nos étranges dégaines, doutant fort à nos mises défaites que notre civilisation fut à la hauteur de la leur. C'est alors que j'eus l'idée de leur déléguer le curé du bord, le seul dont la défroque avait gardé une certaine dignité, puisque justement, il ne s'était pas défroqué de la nuit. Avec intelligence, il s'adressa à l'homme vêtu de fourrures, qui s'avéra un notable important du nom de Guéant Vert. 

5662190288_9776c3038f

Je retournais à mes ablutions,  et tandis que je m'infligeais un bain de bouche au rhum, je repensais à la Mer d'Adaman, à la mangrove et à ces huttes de pêcheur noyées de soleil et d'épices... surtout à ces chiens de pirates birmans qui ont enlevé ma belle Marie-Jeanne, lesquels je poursuis sans relâche (volontaire) sur toutes les mers du globe, et que je chasserai au-delà s'il le faut, si je retrouve un bateau.

(A suivre...)

("Mes nuits transies en Terre-de-feu", par Victor Polémique, Flammarion, février 2012)


Epilogue - Terre et mer, d'abers en mangroves

Vous vous doutez bien que je ne vous ai pas fait venir uniquement pour vous raconter ma vie. J'ai toujours été sensible aux frontières imbriquées entre la terre et la mer, entre l'eau salée et l'eau douce, qui comme les ports abrités, évoquent aussi bien les départs que les retours. 

Les mangroves sont des lieux fragiles, des biotopes entre marais et mer où se développe et se réfugie une faune abondante. Elles protègent les côtes contre les ouragans et les tsunamis, elles nourrissent les hommes qui ont appris à la redécouvrir après l'avoir détruite et brûlée pour d'autres activités. Et puis, les crabes de mangrove et les huîtres de palétuvier sont délicieux. 

Entre terre et mer donc, je vous pose une question de confiance, voici plusieurs années qu'à deux billets près (les fars), ce blog ne traite que de cuisine de la mer, ainsi que c'est marqué dessus. On ne mange pas que du poiscaille dans les bistrots du port ou à ma table, et parfois il y a quelques belles recettes et histoires que je voudrais partager ici, en dépit de cette ligne éditoriale que je mets un soin frileux à respecter.

Bref dites-moi en commentaire ou directement par le lien "Contactez l'auteur" en haut et à gauche, si cela vous dérangerait si, de temps à autres, je posais le sac de victuailles à terre, pour vous cuisiner du nandou ou des patates, vous n'avez de toutes façons que peu de risques de tomber sur des macarons, des verrines ou pire, du poisson d'eau douce. 

photo-porc-bayeux-pig-cochon

Evidemment, après un récit dont l'action se déroule en Terre de Feu, il eut été logique que je conclue par une recette de barbecue, mais vous avez vu le temps qu'il fait ? Lorsqu'il fait ainsi froid à l'extérieur (rendez-vous compte, il neige même chez mes frangins d'Algérie), j'ai tendance à me réfugier dans mon placard à épices qui embaume chaleureusement et brille de tous les soleils du monde, d'où cette recette. 
 

Curry thaï de crabe de mangrove (Poo phad pong garee)

Ingrédients

- 1 kilo de crabe de mangrove prêt à cuisiner
- 2 tiges de céleri-branche, prélevées près du coeur
- 1 oignon
- 1 belle poignée  de noix de coco râpée
- 1 boîte de lait de coco pour la cuisine
- 3 gousses d'ail pelées et dégermées
- 3 piments rouges thaïs sans leurs graines
- 2 cm de gingembre frais pelé 
- quelques feuilles de combava
- sucre de palme
- poudre de curry
- pâte de curry (facultatif)
- ciboule thaï
- sauce d'huître 
- huile de sésame
- nam pla (nuoc-mam à défaut)
- poivre noir

mangrove

Cette liste d'ingrédients semble longue et fastidieuse à réunir, mais pour un passionné de cuisine asiatique comme je le suis, il est rare que la plupart d'entre eux ne se trouvent pas déjà dans le frigo ou les placards, quelques précisions toutefois :

- Le crabe de mangrove se trouve assez facilement congelé en sachets, et prêt à être utilisé. Faites le décongeler dans une passoire, afin qu'il ne baigne pas dans l'eau. Il s'agit ici de crabe provenant de Madagascar, ce qui ne gâche rien, car dans ce pays, un véritable effort de mise en valeur durable de la mangrove a été entrepris.

- J'utilise du céleri branche à défaut de céleri chinois, pas si facile à trouver en cette saison. J'ajoute du gingembre et des feuilles de lime qui ne semblent pas faire partie de la recette originale (?) mais ce sont deux saveurs qui s'accordent vraiment bien avec les crustacés.

- C'est le coeur brisé que j'ai acheté de l'insipide noix de coco râpée au rayon pâtisserie de la supérette du coin, il vaut mieux disposer de noix de de coco fraîche, ou alors râpée et congelée, facile à trouver dans les épiceries asiatiques. 

 - Bien que parlant mieux le yamana que le thaïlandais, je suis en mesure de vous confirmer que "poo phad pong garee" signifie littéralement "crabe sauté à la poudre de curry". Avec son importante façade maritime, la Thaïlande, pays de surcroît calme et accueillant, a intégré dans ses traditions culinaires beaucoup d'influences, en particulier d'Inde, comme l'utilisation de la poudre de curry le montre.

Les curries thaïs se présentent sous la forme de pâte, et résultent de mélanges complexes de produits le plus souvent frais, comme ici la pâte de curry vert. Toutefois, je trouve généralement que les poudres du commerce manquent de saveur, et lorsque je dois en utiliser, j'ajoute un peu de pâte de curry indien, achetée également. 

mangrove1

Recette

Hachez les oignons grossièrement, l'ail et le piment finement. Passez la noix de coco râpée sous le gril du four pour la torréfier un peu, attention, cela brunit très vite. Râpez un petit morceau de sucre de palme. Coupez le céleri et la ciboulette en tronçons.  Cassez les grosses parties des pinces en les tapant à l'intérieur d'un coup de cuiller à soupe (il n'y a pas de meilleur outil, oubliez marteau et casse-noix), cela permet à la sauce d'imprégner la chair et facilite la dégustation.  

Dans un wok de préférence, mettez un fond d'huile et faire revenir les morceaux de crabe jusqu'à ce qu'ils soient bien rouges.  Pendant ce temps, ajoutez l'oignon, puis l'ail et le piment sur la fin. 

Ajoutez alors le curry en poudre et en pâte, remuez et versez l'oeuf battu hors du feu. Remuez, cette opération a pour but principal d'agglomérer le curry à la carapace du crabe et d'épaissir la sauce par la suite. Ajoutez alors : le céleri, un trait de nam-pla, une cuiller à soupe de sauce d'huître, la noix de coco râpée torréfiée, le sucre de canne, les feuilles de combava, et ajouter du lait de coco à niveau, sans noyer la préparation. Laissez cuire une dizaine de minutes en mélangeant régulièrement. 

Peu avant le service, ajoutez une cuiller à café d'huile de sésame, et autant de poivre noir moulu. Présentez parsemé des tronçons de ciboulette, avec du riz blanc thaïlandais. N'utilisez pas de riz gluant, qui est plus caractéristique de la cuisine du nord du pays, sous influence laotienne. 

mangrove3

Nous nous sommes régalés. Ma femme plutôt méfiante depuis l'épisode des crabes en mue qu'elle n'avait que très moyennement appréciés, a vraiment aimé. La chair de ce crabe qui peut au premier abord avoir moins de caractère que celui d'un sujet de pleine mer (du congelé en plus), est très fine, et elle est abondante. Bien entendu, oubliez curette ou autre engin pour déguster ce plat, ce n'est bon et pratique qu'avec les doigts. Tout au plus une cuiller pour attraper le riz trempé de la sauce onctueuse et parfumée. 

mangrove2

*****

Rejoignez CdM sur Facebook (clic & like)

*****

Posté par Patrick Cadour à 01:01 - - Commentaires [16]
jeudi 2 février 2012

Index des recettes

Anémone de mer

Tempura d'algues et d'anémones

 

Oursin

Œufs brouillés aux oursins

 

 

Coquillages

 

Coquillages farcis

 

Bigorneau  

Les bigorneaux 

Tapas de seigle aux bigorneaux et à l'andouille 

 

Bulot  
Cuisson des bulots  

Bulots au court-bouillon de soja   

 

Coque 

Coques en stock, avec du thym et de l'ail 

Cassolette d'asperges et de morilles aux coques

 

Clams  

Clams à la vapeur de saké


Coquille Saint Jacques  

Coquilles saint jacques en carpaccio, caviar et sel fumé 

Carpaccio de coquille saint-jacques à la truffe brumale

Coquilles saint jacques sur crème de laitue froide

Coquilles saint jacques à l'échalote et au gingembre

Coquilles saint-jacques grillées au beurre de combava

Coquilles saint jacques panées à la japonaise

Coquilles saint jacques poêlées, cèpes et balsamiques

Coquilles saint jacques au poivre voatsiperifery

Coquilles saint jacques au restaurant La Carte Blanche

Coquilles saint jacques à la braise, beurre à la mélisse et au poivre de Tasmanie  

Coquilles saint jacques truffées à la braise

Coquilles saint jacques au vieux rhum, purée de patate douce vanillée

Déclinaison de coquilles saint jacques aux fruits

Ris de veau et saint jacques à la citronnelle

Risotto au parmesan et coquilles saint jacques

Tartare de saint-jacques à la vodka, oeuf poché et caviar

Coquilles saint jacques fumées, radis noir et huile à la truffe

 

Huitre

Les huîtres, histoire et dégustation

Anges à cheval et panais grillés

Huîtres à la braise

Huîtres chaudes sous julienne de poireau et oeufs de saumon

Huîtres et saint jacques aux bulles fruitées

Huîtres et coquilles saint-jacques frites, accord en Barsac-Sauternes, Chateau Coutet 2005

Risotto à la truffe et aux huîtres


Moule

Moules à la brûle-doigts

Moules au citron et au romarin, risotto à l’encre de seiche

Moules farcies au cumin

Moules au lard fumé

Moules marinées au fenouil  

Moules et palourdes au rhum

Moules au roquefort

Moules au vadouvan

Permanente de moules safranées

Tapas de moules d'Espagne farcies au coulis de tomate

Eclade

 

Ormeau

Ormeaux poêlés, confit d'échalote à la sauge et galettes de sarrasin

Ormeaux et pain au plancton

Ormeaux au yuzu, makis au wakamé et aux langoustines

Salade d'ormeaux à la truffe

Ormeaux poêlés, purée de cocos à la vanille et au combava

 

Palourde

Linguine alle vongole

Moules et palourdes au rhum

Palourdes farcies de beurre au Kari Gosse

Palourdes farcies au fenouil et à l'ulve

Palourdes au petit-salé et aux tomates

Palourdes au saké et au wakamé

Porc aux palourdes (Carne de porco alentejana)


Patelle  

Patelles à la braise 

Patelles en sauce kémia

Terrine de patelles à la laitue de mer 


Pétoncle  

Pétoncles blancs à la mélisse  

Pétoncles noirs aux agrumes
Marinière de pétoncles noirs à la Sarriette

 

Pied de Couteau

Brouillade de couteaux et de févettes  

Pieds de couteau à la plancha, sauce vierge à l'ail et à menthe 

Pieds de couteaux farcis 


Praire  

Praires gratinées au parmesan


Telline  

Tellines à l'ail, piment vert et ras-el-hanout    

Tellines au thym et à l'ail  

 



Céphalopodes

Calamar

Calamars à la braise, beurre au pimenton

Calamars poêlés au chorizo, risotto à la courgette

Calamars sautés aux pimientos del piquillo et aux courgettes

Encornet grillé, condiment méditerranéen

Vindaye de calamar et riz gluant en feuilles de lotus


Poulpe

Poulpes au chorizo

Salade de poulpe à l'orange

 

Seiche

Seiche marinée et grillée, légumes grillés et marinés



Crustacés

Cuisson des crustacés au naturel


Araignée

Bricks d'araignée au pomelo

Caca nerveux

Chou farci à l'araignée de mer

Samosas d'araignée aux carottes

Wontons d’araignée de mer à la mélisse

Crabe de mangrove

Curry thaî de crabe de mangrove
Tempura de crabe en mue

 

Crabe Vert

Soupe de crabe vert

 

Crevette et Gambas

Bouquets poêlés

Crevettes grises au curry

Risotto aux crevettes grises et au cresson

Gambas aux saveurs de colombo

Gambas géantes grillées au yuzu

Gambas à la vanille, mangue grillée

Rougail saucisse et crevettes

Salade de crevettes, noix de cajou et calamar croustillant

Soupe de tamarin aux crevettes

Sobas aux gambas et à l'orange

Tomate-crevettes

Crevettes sautées au sel et au poivre

 

Etrilles

Bisque d'étrilles 

Bouillon d'étrilles de Jean-Luc-L'Hourrre

 

Homard

Homard grillé au feu de bois

Homard au pesto à la fraise

Homard poêlé à la crème de chair brune

Homard à la rémoulade de chou-fleur

Homard au wasabi, écrasé de pommes de terre au raifort

Risotto de homard grillé

Salade de homard aux noisettes


Langoustine

Poire aux langoustines

Langoustines sautées, mirabelles et saté

Queues de langoustines à la braise

 

Pouce-pieds

Pouce-pieds à la portugaise

 

Tourteau

Colombo de tourteau

Tourteau à l'armoricaine

Tourteau saoulé au muscadet et cuit à la braise

 

 

Poissons


Anchois  

Anchoïade  

Anchois : Daube des mariniers 

 

Anguille  

Salade de lentilles à l'anguille fumée 

 

Bar  

Bar au beurre blanc vert  

Bar en croûte de sel  

Bar en habit vert au beurre blanc  

Carpaccio de bar aux fraises et au kiwi  

Filet de bar à la badiane et au citron confit 

 

Barbue

Barbue au gingembre et au vinaigre d'hydromel

Barbue au gorgonzola et au romarin

Barbue grillée en feuille de bananier, saveurs thaïes

Filet de barbue aux brocolis et tomates-cerises

 

Cabillaud et Morue

Cabillaud aux girolles, pancetta et poivre vert

Dos de cabillaud au miso rouge et ail noir

Brandade de morue nîmoise

Féroce (Morue)

Gratin de morue à l'auvergnate

Persillade de langues de morues sur canapé

Salade de pois chiches aux joues de morue

 

Carrelet

Carrelet à la crème à l'orange et basilic


Chapon 

Chapon au four

 

Chinchard 

Rillettes de chinchard  

 

Congre

Boulettes de congre au gingembre et à la coriandre


Daurade  

Filets de daurade royale grillés, purée de cocos, saveurs de citrons  

Griset au four 

Tartare de daurade royale au poivre vert et aux herbes

 

Eglefin

Cocotte de haddock au chou

Carpaccio de haddock à la bergamote et au gingembre mariné

Salade de lentilles caramélisées au haddock, oeuf poché

Salade au haddock mariné

 

Espadon  

Espadon Hemingway 

 

Grondin  

Grondin farci à la bohêmienne 

 

Hareng  

Filets de hareng pomme à l'huile  

Hareng saur à la crème 

Salade de matjes, fèves et champignons  

Tartare de hareng saur doux aux pommes et aux speculoos 

 

Légine

Salade de légine fumée aux groseilles 

 

Lieu Jaune  

Lieu jaune grillé au fenouil, beurre au pastis  

Lieu jaune, sauce vierge à la criste marine 

Tajine de lieu jaune à l'ajowan et à la réglisse 

 

Lotte

Brochette de lotte à la laitue de mer et au lard fumé

Colombo de lotte à l'ugli et au lait de coco

Filets de lotte au jambon Iberico, sauce soubressade et flan de pois cassés

Lotte cloutée au citron confit

Lotte en curry vert

Pain de lotte

Roti de lotte au lard fumé et farz noir croustillant

Soupe de tête de lotte

 

Maquereau

Lisettes aux craterelles et aux figues

Lisettes marinées au vin blanc

Filets de maquereau grillés, épinards au curry

Goujonnettes de maquereau marinées au thym

Maquereaux grillés, sauce froide aux radis et au poivre de Tasmanie

Maquereau à la groseille à maquereau

Omelette au maquereau fumé et au sirop d'érable

Tagliatelle au maquereau fumé 

 

Merlan

Merlan Colbert comme à l'Huîtrière

Merlan en bélier farci à l'andouille

 

Mérou

Mérou grillé à la bergamote confite et au cumin

 

Mulet et Poutargue 

Tajine de mulet aux terfess

Spaghettoni à la boutargue

 

Raie

Raie au beurre noisette

Salade de haricots verts, raie et wakamé

 

Rouget Barbet

Feuillets de rougets et d'aubergine, huile à la criste marine

Barbet poêlé à l'ail et au carvi

Filet de rouget-barbet, sauce passion et thym-citron, royale de foie et oeufs

Rillettes de rouget barbet

Rouget barbet aux carottes et à l'orange  

Rouget barbet et risotto à la milanaise


Saint Pierre

Saint pierre à la mélasse de grenade

Saint pierre à la rhubarbe

Saint pierre roti au piment vert et au citron

 

Sardine

Ecrasé de sardines à l'oeuf

Sardines grillées

Sardines à l'huile de combava, souskaï de mangue sable

Sardines marinées au basilic

Sardines en salade au vinaigre de framboise

 

Saumon

Carpaccio de saumon à l'aneth, salicorne et asperges

Salade de saumon fumé aux primevères

Saumon gravlax

Saumon laqué au thé fumé et au miel de bruyère

Tartare de saumon au nashi et shiso

 

Sole

Sole grillée

 

Tacaud

Tacaud au four, façon boulangère

 

Thon

Brick au thon et à l'oeuf

Carpaccio de thon, citron et passion

Millefeuilles de tomate, thon et ricotta, sur une salade de pâtes et de courgettes

Tartares de thon rouge et d'avocat

Thon des deux Saint Jean 

Thon rouge au sésame noir, ananas aux épices

Ventrèche de thon rouge grillée au gingembre et au sansho

 

Turbot
Turbot roti au laurier et aux échalotes 

 

 

Plats Composés

Pastilla d'Essaouira
Une bouillabaisse
Paella Cadouriana
Coquilles de poisson

Moules et palourdes au rhum
Huîtres et coquilles saint-jacques frites, accord en Barsac-Sauternes, Chateau Coutet 2005

 

Viande en Terre-Mer

 

Anchois : Daube des mariniers

Boucané de mergule nain

Épaule d'agneau de pré salé à la boulangère aux algues

Paella Cadouriana

Poire aux langoustines

Porc aux palourdes (Carne de porco alentejana)

 

 

Desserts 

Farz fourn 

Farz buan 

Flan de pioka au coulis de mures sauvages

 *****

Rejoignez CdM sur Facebook (clic & like)

*****

Posté par Patrick Cadour à 02:02 - - Commentaires [49]


  1